
Tadao Ando est connu pour ses maisons en béton apparent. Il s’en est même fait une image de marque à l’instar de Richard Meier avec ses façades blanches en carreaux de céramique. Chez Tadao Ando, le béton est utilisé dans l’esprit kahnien : l’architecture est une expression de la transformation d’un matériau.
A l’origine l’architecture est un processus humain qui consiste à transformer les matériaux de la terre, pour en faire des matériaux de construction de l’habitat. Le premier acte de l’homme dans son origine est d’aller chercher des matériaux pour construire son logis. On pourrait comparer la démarche de Tadao Ando à cette philosophie primitive. L’architecture revendique plus qu’un assemblage de matériaux : elle célèbre un matériau.
Tadao Ando fait l’éloge du béton : comment le béton se construit, comment le béton devient ligne, courbe, angle, comment le béton devient ombre ou lumière. Le béton de Tadao Ando devient alors riche, tantôt chaud, tantôt froid, parfois intime, parfois monumental, dedans ou dehors.

Il en résulte une architecture pure, dénouée de toute manifestation d’ordre économique, parasite ou démagogique. L’architecture devient architecture, elle s’auto-suffit à elle-même car les matériaux parlent pour elle dans une expression minimaliste qui cache en fait la richesse émotionnelle de l’architecture de Tadao Ando.
Volume spatial et matériaux ne sont plus séparés mais forment un tout unitaire. Le béton apparaît alors comme la pierre de l’architecte moderne. Le sculpteur est un génie non pas parce qu’il a choisit un beau matériau mais par la manière dont il sait exprimer ce matériau à travers sa sculpture.
Tadao Ando a résolument compris ce que le béton voudrait être.
A.D
Voir aussi dans Béton :
Le béton, du sable et de l’eau