
Au travers d’une exposition inattendue qui se déroulera du 6 juillet au 28 septembre 2008, la Fondation Royaumont dévoilera les surprenantes métamorphoses de son abbaye au cours du 19ème siècle.
De la révolution française jusqu’en 1905, Royaumont nous raconte, à travers les péripéties de sa propre histoire, les boule- versements sociaux, économiques et religieux qui ont marqué la France du XIX e siècle. Edifiée " hors du monde " en 1228, l’abbaye est vendue à la Révolution comme " bien national ". Convertis en filature de coton, ateliers de tissage, usine de blanchiment et d’impression sur étoffes, village ouvrier, théâtre aristocratique et villégiatures bourgeoises…, les bâtiments abriteront, simultanément ou successivement, une population nombreuse et variée avant de retrouver une vocation religieuse, dans le derniers tiers du XIX e siècle. Après plusieurs années de recherches, cette histoire surprenante est portée à la connaissance du public. L’exposition s’accompagne d’un livre qui rassemble les contributions d’historiens et d’architectes accompagnées d’une iconographie inédite.
En 1791, l’ancien monastère fondé par Saint Louis, cinq siècles plus tôt, est mis en vente. La révolution industrielle s’empare de l’abbaye, rapidement transformée en manufacture ultra moderne. Employant plus de 300 ouvriers, c’est l’une des plus importantes usines de Seine-et-Oise en 1806. Plusieurs fois reconvertis, les bâtiments vont accueillir, pendant 70 ans, une production textile diversifiée.
Un village ouvrier est simultanément construit à proximité de la filature, avec les débris de l’église abattue. La beauté du site attire bientôt, en marge de l’activité industrielle, une société jeune et brillante, en quête de ruines romantiques et de plaisirs champêtres. Elle vient de Paris ou d’Angleterre, en diligence puis en chemin de fer, visiter ce petit hameau où, en 1834, le " Théâtre de Royaumont " donne sa première repré- sentation à un public d’élégants, triés sur le volet. C’est en 1864, après la fermeture de l’usine, que l’abbaye est rendue à la vie religieuse et que démarre le premier chantier de restauration monumentale. Les Sœurs de la Sainte-Famille de Bordeaux ont prévu d’y loger et d’y instruire les deux cents pensionnaires de leur noviciat et confient les travaux à l’architecte
Louis Vernier, fils d’un ancien ouvrier de la fabrique. Autodidacte aux talents multiples, il s’efforcera d’équiper le bâtiment de tout le " confort moderne " (dortoirs, cuisine collective, chauffage, sanitaires et eau chaude à tous les étages !…) tout en ressuscitant une abbaye idéale, celle de Saint Louis. De sa conception médiévale à sa restauration néo-gothique, de son usage industriel à sa reconversion en habitat collectif, le monument porte encore dans ses murs le témoignage de son passé tumultueux. Un parcours archéologique accompagnera l’exposition et permettra à chacun de déchiffrer dans les pierres de l’abbaye les signes d’une histoire commune, à redécouvrir.
autour de l’exposition
un jardin
Une manufacture d’impression sur étoffes de soie et de laine vint s’établir en 1855 dans les bâtiments, elle comportait entre autres un atelier de chimie des couleurs. En liaison avec l’exposition, le jardin des neuf carrés et sa collection " plantes de couleur, couleur de plantes ", évoque la production des teintures et des fibres textiles. On apprend que les cou- leurs obtenues dépendent de la partie des plantes utilisée, et qu’elles sont rarement en rapport avec la couleur des fleurs… Ce jardin permet aussi d’aller à la rencontre d’un monde où les couleurs sont porteuses de sens, parfois ambivalents, et d’en découvrir les subtilités (guide gratuit remis aux visiteurs).
un colloque
Les 5 et 6 septembre
“Tréteaux et Paravents : un théâtre de société au XIXe siècle” Entre 1834 et 1840, l’ancienne abbaye devenue manufacture, est également un lieu de villégiature estivale où, entre deux parties de campagne, opéras, comédies et ballets, sont donnés par, et devant, un public d’amateurs éclairés. Evoquée dans l’exposition, cette pratique théâtrale et musicale sera plus largement abordée dans le cadre de trois demi-journées d’études, organisées par la Fondation Royaumont et le Centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines de l’Université de Versailles Saint-Quentin-en- Yvelines. Réunissant historiens, littéraires et musicologues, ce colloque entend dresser un panorama des diverses questions posées par cette pratique, appelée aussi " comédie de salon " ou " spectacle bourgeois " et qui, si elle a été étudiée pour le XVIII e siècle, n’a fait l’objet d’aucune synthèse pour le XIX e siècle. Renseignements au 01 30 35 59 88
un concert Le 6 septembre à 20h45
" Au théâtre de Royaumont, entre romances et vaudevilles “ Œuvres d’Auber, Bellini, Boieldieu, Chopin, Flotow, Mehul, Offenbach, Schubert, Rossini Au XIX e siècle, l’abbaye de Royaumont, métamorphosée, offre un cadre privilégié au théâtre de société. On y joue le vaudeville, on y chante la romance et l’opéra-comique. Scribe, Auber et Offenbach sont à l’honneur. Dans le décor intime et convivial de Tréteaux et Paravents, Arnaud Marzorati et ses complices sont les magiciens de ce temps retrouvé avec un choix rare et inattendu de morceaux où le rire courtise l’émotion… Dans le cadre de la Saison musicale, qui se déroule du 30 août au 19 octobre 2008.
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L’exposition "Royaumont, les métamorphoses d’une abbaye au XIX e siècle" a été préparée et réalisée grâce au soutien exclusif du Comité Henry Goüin, club d’entreprises mécènes de la Fondation Royaumont. abbaye de Royaumont 95270 Asnières-sur-Oise (Val d’Oise) Entrée libre à l’exposition dans le cadre de la visite de l’abbaye (6 € et 4,50 €, tarif réduit) Ouvert tous les jours de 10h à 12h45 et de 13h45 à 18h ; sans interruption les week-ends et jours fériés. Tél : 01 30 35 59 70 - www.royaumont.com
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