Vous êtes ici : aROOTS > Actualité ART > Robert Mapplethorpe - La beauté et le diable sont la même chose



Actualité ART

Robert Mapplethorpe - La beauté et le diable sont la même chose

Forum Architecture




Une aura sulfureuse plane autour de l’œuvre du photographe Robert Mapplethorpe (1946-1989) qui scandalisa l’Amérique puritaine en mettant la sexualité au cœur de son univers artistique. Il commence à photographier dans les années 70, période d’une libération sexuelle bientôt freinée par l’expansion de l’épidémie du Sida.

Mapplethorpe n’a eu de cesse de glorifier le corps dans des compositions méticuleuses évoquant souvent l’esthétique froide et rigoureuse de la peinture néoclassique. Outre ses clichés célébrant la nudité, il réalise des portraits de ses proches, quelques anonymes et quelques stars (Andy Warhol, Richard Gere, Grace Jones, Patti Smith,etc), des autoportraits et nombre de fleurs qui gagnent une dimension érotique sous son objectif. Le sujet est parfois cru mais la mise en scène toujours « propre », frontale, épurée, voire aseptisée. L’artiste privilégie le noir et blanc et une esthétique proche de la photo de mode qui rencontre un succès grandissant chez les collectionneurs.

Après une période moribonde, la cote de Robert Mapplethorpe affiche en effet une progression de plus de 102% depuis 2004, année ou il signait pour la première fois une enchère supérieure à 100 000 $. L’œuvre en question ? Une photo de Zantedeschia ou arum de 61 x 50,8 cm, unique dans ce format, qui s’envolait à 210 000 $ chez Christie’s NY (titre : Calla Lily, 15 oct. 2004), faisant de ce portrait de fleur l’un des sujets les plus prisés de l’artiste. Prisé au point qu’une Calla Lily tirée à 10 exemplaires et auréolée de la provenance Margaret W. Weston explosait sa fourchette d’estimation de 40 000 - 60 000 $ le 25 avril dernier pour s’envoler à 140 000 $ (1988, 48,7 x 49,1 cm, Sotheby’s NY) ! Ce résultat de 2004 fut le premier d’une belle série : 8 enchères supérieures à 100 000 $ ont été signées depuis pour ses photos, dont un record absolu à plus de 500 000 $ pour un portrait d’Andy Warhol ! La dispersion de ce portrait monumental du roi du Pop art à hauteur de 560 000 $ (106,7x106,7 cm, Christie’s NY) en octobre 2006 a contribué à affermir la cote de Mapplethorpe. Cinq mois plus tôt dans la même maison de ventes, un grand portrait de Warhol tiré à 10 exemplaires changeait de main pour un dixième de ce montant, soit 50 000 $ (103,5x103,5 cm).

Pour un même sujet, le prix d’une œuvre diffère en fonction du type de tirage (argentique, dye-transfer, photogravure, etc), de la date du tirage, de sa qualité et de ses dimensions. Une œuvre est généralement tirée dans différents formats numérotés et plus le tirage est restreint, plus les enchères sont susceptibles de grimper au titre du critère de rareté. Certains formats sont limités à un unique tirage et sont alors d’autant plus prisés. Par exemple, le cliché Leaf, une œuvre très épurée, a décroché sa plus belle enchère pour un exemplaire unique de grand format (94x78,5 cm) à hauteur de 35 000 $ (28 900 €) le 10 octobre 2005 chez Christie’s NY. Lors de la même vente, le même sujet tiré à 7 exemplaires et de dimensions plus réduites partait pour 5 000 $ de moins que sa grande sœur.

Pour un budget inférieur à 10 000 $, le marché propose un large choix d’œuvres : près de 70% des lots ne dépassent pas ce seuil. Nombre de Polaroïds et de tirages argentiques (moins cotés que les Dye-transfer) sont abordables entre 1 000 et 10 000 $. Les Polaroïds marquent le début de l’aventure photographique de Mapplethorpe avant l’acquisition d’un premier appareil à grand angle dans les années 70. Malgré des petites dimensions (approximativement 9,5 x 7 cm dans la majorité des cas) le Polaroïd offre une qualité recherchée par les collectionneurs : c’est une œuvre unique. Mapplethorpe a réalisé de nombreux autoportraits Polaroïds dans les années 70 pour lesquels il faut compter entre 2 000 et 4 000 $ en moyenne comme celui dispersé le 8 septembre dernier chez Christie’s NY pour 2 800 $. Quant aux tirages de plus grandes dimensions cotés moins de 10 000 $, citons par exemple le cliché d’un pavot (Poppy) pris en 1982 (38,5x38,5 cm, Gelatin silver print) parti pour un coup de marteau à 4 000 £ (moins de 8 000 $) le 31 mai dernier lors de la vacation londonienne de Christie’s. Autre acquisition possible, les rares portfolios : le 26 avril dernier, Season in Hell comprenant 8 épreuves (édition sur 40 exemplaires chacune) fit tomber le marteau à 6 500 $, soit un coût de revient moyen de 812,5 $ par cliché (26 avr. 2007, Sotheby’s NY).

Source © Artprice.com

P.-S.

ill. (c) Robert Mapplethorp

VOIR AUSSI



Jules Chéret - L’ESPRIT ET LA GRACE
15 avril 2008
Monumenta 2008 Richard Serra
27 mars 2008
Francis Bacon au firmament
21 mars 2008
SE REMET-ON JAMAIS DE L’ENFANCE ?
4 mars 2008
La sculpture moderne
8 décembre 2007
Louise Bourgeois
3 décembre 2007
L’art moderne suisse
30 novembre 2007
Jörg Immendorf
11 août 2007
Hermann Nitsch : esthétique de la souillure
25 juillet 2007
Helmut Newton – Scandale et sophistication
24 juillet 2007
Vous êtes ici : aROOTS > Actualité ART > Robert Mapplethorpe - La beauté et le diable sont la même chose

Web

Vous recherchez une piscine hors sol en acier, en bois, pour adultes ou enfants ? Découvrez des dizaines de modèles disponibles sur Vigipiscine.com.
Voyage Asie