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Ecoles d'architecture : Slithering, twyster et 4 utilisateurs inconnus

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Auteur
 Sujet :

La visibilité de l'auteur dans l'oeuvre?

 
n°781
reef
Profil : aRootsien(e) de bois
Note : 2/5 pour 1 vote
Posté le 22-03-2007 à 18:48:17  profilanswer
 

Bonjour je suis étudiant en 3éme année, et je prepare "l'article" neccessaire pour l'obtention de la licence.
Mon sujet est la visibilité de l'auteur dans l'oeuvre.
En effet il est assez facile de savoir ce que l'auteur d'un livre avance et pense, mais qu'en est-il du projet d'architecture?
Comment cerner les intentions, (la continuité de la pensée de l'architecte)=> Sa théorie de l'architecture à travers ses projets.
 
Je travail sur Jean Nouvel et son agence (+de100Pers) "comme c'est original" et mon hypothèse de départ est la suivante (sans jugement de valeur, c'est un questionnement):
 
Je pense qu'à ses débuts Jean nouvel était impliqué à "100%" dans ses projets avec ses associés et le temps passant, l'agence ayant pris du volume il s'est mis peu à peu en retrait tout en ayant insufflé à son agence sa théorie de l'architecture.
 
AJN=> Une centaine d'architectes=> une centaine de théories de l'architecture différentes.
remarque:Sur le site AJN les projets datant des années 80-90 sont "signés"(renseignés), Jean Nouvel et ses associés tandis que les projets recents sont "signés" par les chefs de projets de l'agence.
 
questionnement:
-Peut-on exprimé sa théorie de l'architecture dans une si grande agence, ou assimile t-on forcément celle du chef de projet?
Autrement dit, fait-on du Jean Nouvel par procuration lorsque l'on travail dans cette agence?
-Y a t-il fusion des differentes théories de l'architecture?
-Dans quelle mesure Jean Nouvel est-il encore impliqué dans les projets d'AJN?
 
Je pense que c'est un sujet intéressant, qui soulève pas mal de questions (individualité, le travail de groupe, la coopération ou la hièrarchie verticale à sens unique, etc...)
Je vous invite à y réfléchir avec moi à bientôt!

mood
Partenaire
Posté le 22-03-2007 à 18:48:17  profilanswer
 

n°782
phil195
Profil : aRootsien(e) d'or
Note : 0/5 pour 0 vote
Posté le 22-03-2007 à 19:58:12  profilanswer
 

1- Je ne pense pas que ce soit necessaire d'en faire 2 posts.
 
2- C'est quoi ta question au juste ?
2.1 - Pourquoi JN et pas d'autres agences internationales ?
2.2 - En quoi ses projets ne portent-ils plus sa marque ?
2.3 - Sous-entendrais-tu que le paquebot flotte sans commandant ?
2.4 - Cite des exemples
2.5 - T'es qui toi ?
 
3 - Quand tu ouvres un bouquin, tu sais déjà comment c'est écrit ?
3.1 - Tu en connais l'intrigue ?
3.2 - Tu en connais les évènements ?
3.3 - Tu en connais sa vie ?
3.4 - T'es qui toi ?
 
4 - C'est quoi la hiérarchie verticale ?
 
5- C'est quoi le sens unique ?
 
6- Je t'ai pas attendu pour réfléchir, et j'ai pas envie de le faire avec toi

n°783
reef
Profil : aRootsien(e) de bois
Note : 2/5 pour 1 vote
Posté le 22-03-2007 à 20:49:28  profilanswer
 

1Pour les deux postes désolé, ceci étant dit bien évidement il faut avoir lu le livre pour cerner l'intention ça va de soit, pas besoin de faire des études d'archi et de poster sur arrots pour le savoir.
 
2.La phrase finale , dit "Vous"(tout le monde) pas seulement toi mr la terreur du forum pffff, je ne pense pas qu'on est promener les cochons ensemble pour que tu puisse me tutoyer.
 
3.Les tocars ayant quadruplé leur CP par qu'il ne savait toujours pas lire on s'en passera,2- C'est quoi ta question au juste ?  (Sous-entendrais-tu que le paquebot flotte sans commandant ? , (sans jugement de valeur, c'est un questionnement):  
 
3.4 - T'es qui toi ?  
un étudiant désirant dialoguer autour de ces questions avec d'autres personnes.
 
6- Je t'ai pas attendu pour réfléchir, et j'ai pas envie de le faire avec toi  
C'est pas un problème on s'en passera garçon.
à bientôt comme même, vu ton style tu pourras t'empêcher de reposter pour repondre

n°784
di cinarca
Architecte et Rêveur!
Profil : aRootsien(e) Platinium
Note : 4.3/5 pour 3 votes
Posté le 22-03-2007 à 22:38:45  profilanswer
 

Michel Ange a peint la Chapelle Sixtine tout seul…
Charles Garnier a construit l’Opéra de Paris tout seul…
Jean Luc Godard   a réalisé  A  bout de souffle, tout seul…
Alexandre Dumas ..
Jules Vernes…  
Hergé…
A…

Z..
Etc  
Ils on fait ça tout seul ?
Etaient- ils  impliqués à "100%" dans les  oeuvres qu’ils ont signées ?
C’est  une plaisanterie  ou de l’ignorance ?  
Se poser cette question c’est  mythifier  le créateur.
Zeus seul, est tout seul .
Un Architecte tout seul, avant d’être un Architecte est un humain
Si exprimer sa théorie de l'Architecture, est   son  seul dessein  il demeure seul,
mais si sa tâche est de réfléchir  puis d’agir  pour et avec les autres , sa visibilité  d’auteur devient  secondaire  voir accessoire,  
de lui,  on n’a cure, c’est son travail qui importe. Les  critiques ou les historiens, c’est a dire la société  décideront  s’ il a fait œuvre, l’ignoreront,  plus probablement.  
 
Jean Nouvel n’a  pas fait seul, et pourtant il  est reconnu pour avoir fait , cent peuvent réclamer des droits d’auteurs , ils  n’ont, comme leur boss  fait  que leur devoir ,  ils ont bien fait  et fait bien .
 
Tu t’es fait recevoir sur les roses  Reff   par Phil avant que je ne le fasse … et si tu deviens Architecte , pas diplômé seulement,  mais si tu fait oeuvre  ça t’arrivera encore…
Réfléchis tout seul, exprime ta théorie de l’ Architecture  et reviens nous voir avec un sujet plus humble ,  moins acrimonieux , moins  envieux et sache que la jalousie, est le travers le plus largement partagé par les Architectes ….  Tu débutes bien ,  bienvenue au club donc !

n°785
oulaaa
Profil : aRootsien(e) d'or
Note : 3/5 pour 2 votes
Posté le 22-03-2007 à 23:37:10  profilanswer
 

Salut
 
Je vous trouve un peu dur avec ce jeune esprit (même si je partage sur le fond, la pensée de di cinarca) … Son interrogation n’était pas dénuée de fondement.  
 
Mais malheureusement pour lui, elle manquait cruellement de maturité, de plus elle fut très maladroitement posée.
 
Reef …Je pense qu’avant toute chose et surtout avant de te lancer dans un tel sujet, il aurait été primordial d’entamer tes recherches in situ (chez jean jean ou un autre) … Peut être fusse t-il le cas ? … alors, il aurait été plus intelligent de nous faire part de cette première approche expérimentale, plutôt que de faire des plans sur la comète …
 
Courage courage … et ne te laisse pas manger par les ogres qui hantent Aroots ….
 
Oulaaaaaaaaa

n°786
OO
Profil : aRootsien(e) d'or
Note : 4.8/5 pour 4 votes
Posté le 23-03-2007 à 08:32:54  profilanswer
 

Bonjour Reef,
Il ne faut jamais avoir honte des questions qu'on peut se poser!
Dans la vie, chaque question a une réponse, si c'est LA bonne réponse, c'est quand on est satisfait du résultat.
Donc, tu commences bien, tu te poses beaucoup de questions, c'est la première marche, par contre il ne faut pas rester là, il faut très vite passer au développement de ton sujet. Si tu as choisi ce sujet, pourquoi pas, il n'y a pas de sujet nul, tout est dans la manière dont on le traite et les résultats qu'on obtienne.
Pour en revenir à Jean Nouvel, il faut que tu te documentes beaucoup sur cet architecte, sa vie, ses débuts, son parcours, ses projets, son environnement, ses collaborateurs, pour cerner avant tout sa manière de penser, sa place parmi ses collaborateurs, ses employés, son agence,etc...
cerner la manière de pensée de n'importe quel personnage, c'est très difficile, il faut vraiment le connaître et pour le connaître il faut savoir tout à son sujet, donc se documenter.
Comme dirait Guidu, exprime ta théorie pour qu'on puisse t'aider et pour que tu avances, si tu as lu certaines livres sur Nouvel, qu'est ce que tu as retenu? (des passages, des phrases, des mots, etc...) qu'est ce qui as pu te choquer, te paraîsse louche ou pas très clair?
Tu t'es posé toutes ces questions?
Bone continuation :)

n°787
reef
Profil : aRootsien(e) de bois
Note : 2/5 pour 1 vote
Posté le 23-03-2007 à 19:19:07  profilanswer
 

[color=red]Tu t’es fait recevoir sur les roses Reff par Phil avant que je ne le fasse … et si tu deviens Architecte , pas diplômé seulement, mais si tu fait oeuvre ça t’arrivera encore…  
 
C’est une plaisanterie ou de l’ignorance ?  
Si exprimer sa théorie de l'Architecture, est son seul dessein il demeure seul,  
mais si sa tâche est de réfléchir puis d’agir pour et avec les autres , sa visibilité d’auteur devient secondaire voir accessoire,  
 
Réfléchis tout seul, exprime ta théorie de l’ Architecture et reviens nous voir avec un sujet plus humble , moins acrimonieux , moins envieux et sache que la jalousie, est le travers le plus largement partagé par les Architectes [/color]
je suis surpris de tels reponses:
car l'arcticle est censé avoir un caractère scientifique de recherche, ce n'est pas un essai et je n'ai donc pas à exprimé mes opinions (ma théorie de l'architecture).
J'emets une hypothèse [color=blue][color=#444444]sans jugement de valeur [/color]et par mon travail de documentation je dois infirmer ou confirmer mon hypothèse de départ.
Pourquoi serais-je jalous, acrimonieux, puisque dans cette optique  c'est un travail de recherche et non pas mon opinion personnel que j'exprime, je suis au delà de cela (ce qu'a bien perçu OO), si j'exprime mon opinion s'est le hors sujet.
 
Réfléchir seul, ça je le fais déjà puisque c'est à moi de faire mon article, cependant le dialogue n'est pas à proscrire c'est enrichissant.
 
[color=#444444]mais si sa tâche est de réfléchir puis d’agir pour et avec les autres , sa visibilité d’auteur devient secondaire voir accessoire,  
de lui, on n’a cure, c’est son travail qui importe.[/color]
 
Je suis partiellement d'accord avec cette phrase, d'une part le travail que j'effectue c'est le processus inverse de celui du projet, c'est à dire partir de l'oeuvre et essayer de déterminer (la réccurence, la continuité=>la théorie de l'architecture) suceptible d'identifier la pensée et donc son auteur.
Je pense qu' On ne peut pas dissocier l'auteur (l'architecte) de l'"oeuvre", sinon c'est de la construction pur et dur, BTP bouygues ou vinci peu importe(anonyme, voir générique, ) ghery ce n'est pas khan ou n'importe quel autre architecte, de petite ou grande renommé ce n'est pas le propos.  
l'homme est aussi important que le travail, car l'architecte est influencé par des domaines autres que l'architecture et ne s'intérressé qu'au travail de l'architecte c'est assez réducteur quand à la compréhension de ce  travail, on ne peut pas dissocier le peintre de sa peinture (l'auteur de son oeuvre tt simplement) pourquoi en serait-il autre pour l'architecture?.
 
pour finir [color=#444444]sa visibilité d’auteur devient secondaire voir accessoire[/color], la visibilité de l'auteur dans l'oeuvre c'est différent au sens ou je ne parle pas de notoriété ou de droits d'auteur mais de "théorie", "patte" argo (la manière de déssiné pour les peintre), j'espère avoir été assez clair je pense que les dites "roses" sont dû au quiproquo et aux prejugés selon lesquels l'étudiant serait jalous de ses ainés, cependant OO à bien perçu mon [color=#444444]positionnement neutre et de "recherche scientifique[/color]"=> hypothèse de départ, expérimentation (docs, etc, dialogue), infirmation ou confirmation de l'hypthèse de départ=> résultat article.
 
Merci à tous pour vos réponses à bientôt.

n°788
reef
Profil : aRootsien(e) de bois
Note : 2/5 pour 1 vote
Posté le 23-03-2007 à 19:46:45  profilanswer
 

Michel Ange a peint la Chapelle Sixtine tout seul…  
Charles Garnier a construit l’Opéra de Paris tout seul…  
Jean Luc Godard a réalisé A bout de souffle, tout seul…  
Alexandre Dumas ..  
Jules Vernes…  
Hergé…  
A…  
…  
Z..  
Etc  
Ils on fait ça tout seul ?  
Etaient- ils impliqués à "100%" dans les oeuvres qu’ils ont signées ?  
C’est une plaisanterie ou de l’ignorance ?  
 
Ce n'est pas le problème, la question n'est pas de savoir s'il l'ont fait tout seul mais pour parler plus simplement, dans quelle mesure on aperçoit (visibilité) l'auteur à un instant T dans une de ses oeuvres en fonction de l'ensemble de son oeuvre?
 
et s'il n'est pas seul, encore une fois dans quelle mesure l'aperçoit-on, ou son collègue, et son autre collègue , etc... je conçoit que ce soit difficile comme sujet.
 
ex: lagarfeld chez chanel, à t-il assimilé la manière de pensée de Coco Chanel, ou fait-il du karl lagarfeld?
dans qu'elle mesure fait-il du Chanel? c'est une question légitime que pourrait se poser un amateur du temps de Coco Chanel!
 
Vous voyez, "la visibilité de l'auteur dans l'oeuvre" pourrait se décliner à l'infini.
à bientôt

n°815
reef
Profil : aRootsien(e) de bois
Note : 2/5 pour 1 vote
Posté le 21-04-2007 à 11:03:26  profilanswer
 

Le groupe, « l’identité gratifiée », le je, le « Moi je groupe » :
 
 
Avec Descartes, Kant, Nietzsche et Freud la « notion » de sujet n’a cessé de s’affinée et d’interroger ses contemporains. Le sujet, l’individus en tant que sujet a également donné naissance à un grand nombre de domaines scientifiques, sociologique, anthropologiques/ethnologiques qui s’efforcent à comprendre le sujet et la place qu’il occupe parmi les autres sujets.
Le groupe, ou collectif, c’est une association de sujet ayant un dessein, des objectifs, des intérêts communs, mais pas seulement. Le groupe possède une organisation qui lui est propre lui conférant une relative stabilité, mais lorsque des éléments internes ou externes sont susceptibles de rompre cette stabilité, le groupe les rejette.
« Par sa face interne, l’enveloppe groupale permet l’établissement d’un état psychique transindividuel que je propose d’appeler un Soi groupe : le groupe a un Soi propre. Mieux encore il est Soi. Ce Soi imaginaire. » p2 Anzieu
En somme l’une des conditions pour faire parti d’un groupe, est de renoncer à une parti de  son « Moi je » pour pouvoir intégrer ce  « Nous » qui ne reste ni plus ni moins qu’un « moi je » déguisé. Tout les groupes ne sont pas identiques, les motivations, les aspirations du  « je » dans le groupe, conduisent à des comportements de groupe differents.
« C’est en effet essentiellement sous forme d’une circulation fantasmatique entre les membres du groupe que se manifeste l’agencement topique venu structurer de façon plus ou moins stable l’appareil groupale. »p5 Anzieu
Cette multitude de formation des groupes nous amène à la question que s’est posée D.Anzieu, « Le groupe mise en commun de quoi ? »p25 Anzieu
Pour beaucoup le groupe est vécu comme positif et est idéalisé, il permet l’accomplissement de chose, de désirs que l’on aurait pas pu réaliser seul. Mais les sociologues, les psychanalystes, ou encore les philosophes qualifient le groupe différemment. Pour Durkheim le groupe c’est la mise en commun des représentations, des sentiments et des volitions (notion inventée par Locke dans Essai sur l'entendement humain (1690), les représentations et les sentiments commandent la volition, l’action.
Pour Tarde le groupe c’est l’imitation par la suggestion hypnotique de ceux qui minoritaires dans le groupe inventent. Selon lui le groupe ne serait pas sans les directives déguisées du ou des leaders.
Freud a développer la définition de Tarde selon laquelle le chef exercerait une autorité (influence directive) plus ou moins affirmée et visible sur le groupe (dans Psychologie collective et analyse du Moi, 1921). « Un groupe, c’est l’identification de tous à un chef, à un idéal du moi. »p76 Anzieu
A partir de 1930 une  science des groupes s’établit, Moreno pense que le groupe c’est la mise en commun des sympathies et des antipathies. Pour Mayo, le groupe c’est une mentalité commune, pour Lewin le groupe c’est l’interdépendance entre les individus mais aussi entre les variables qui interviennent dans le fonctionnement du groupe.
« le groupe démocratique permet une participation plus active des membres dans la détermination et la poursuite des buts, une meilleur mise en commun des ressources psychologiques de chacun, une résolution continue des tensions » p24 DAnzieu
D’où l’importance les suggestions hypnotiques de Tarde, car un leader despotique ne pourrait pas assurer la cohésion d’un groupe, l’absence de parole et d’écoute et une forte individualité non reconnu par le groupe peut devenir anxiogène et casser ce groupe.
Pour finir Bales pense que le groupe ce sont des  communications entre les membres et la progression du groupe dont les membres se réunissent pour discuter découle de la mise en commun des perceptions que chacun a de lui et des autres.
Avec toutes ces définitions valables et observés des différents groupes, ils en ressort que le groupe est un lieu où s’élabore des « images » visibles ou invisibles, motrices et actrices. Les mots (représentation, désir, volition, interdépendance, communication) tirés des définitions précédentes du groupe sont susceptibles de définir l’un des fondement essentiel de « l’action » en groupe, la coopération.
Sans entrer dans les arcanes de la psychanalyse, l’expérience psychanalytique pionnière qu’a mené Bion en 1961, qui était responsable d’un hôpital de 400 hommes impossible à traiter individuellement et chez qui régnaient l’indiscipline et l’anarchie, en considérant le patient comme une communauté et l’indiscipline comme une résistance collective montre que « le comportement d’un groupe s’effectue à deux niveaux, celui de la tâche commune et celui des émotions communes. » Le premier niveau est rationnel et conscient, le succès de cette tache dépend de la bonne analyse de la réalité extérieure de la bonne coordination des rôles, et de l’analyse des échecs.
« Ils s’agit là uniquement de ce que Freud a appelé les processus psychiques « secondaires » ; perception, mémoire, jugement, raisonnement. Ils constituent des conditions nécessaires mais non suffisantes. Il suffit de mettre en groupe des gens qui se comportent habituellement de façon rationnelle lorsqu’ils sont seuls devant un problème pour qu’ils deviennent difficilement capables d’une conduite rationnelle collective. »p 31 DAnzieu
Le second niveau est émotionnel et fantasmatiques inconscient (projection d’images sur le collègues), la coopération englobe ces 2 niveaux.
« C’est pour coordonner leurs actions singulières que les agents tentent d’établir entre eux des liens unificateurs » Samizdat
Selon Christophe Dejours « La coopération : ce sont les liens que construisent entre eux des agents en vue de réaliser, volontairement, une œuvre commune. » Samizdat
Hannah Arendt distingue le travail de l’œuvre commune, pour elle l’œuvre « est l’activité finalisée et menée de bout en bout par un sujet ou par un collectif ». La coopération implique une hiérarchie, une organisation, un statut et des compétences spécifiques du sujet.
Le groupe peut être vécue comme dangereux pour le « je », lorsqu’il est ressentit comme intrusif et destructeur, car chacun ou la hiérarchie peut manœuvrer pour influencer l’autre pour qu’il adhère à son point de vue, « Pour m’asservir à son moi », c’est la résistance du « je » au groupe.
Ce type de comportement peut participe du « phénomène de casse »DAnzieu et détruit les relations de confiance indispensable à la coopération. Ainsi une relation de confiance sous entend une connaissance à priori ou à postériori, un transfert (un investissement) d’une partie de soi ou d’une incompétence de soi sur l’autre. Cette connaissance empirique de l’autre (à postériori) découle donc de la visibilité du sujet dans le groupe pour rendre intelligible sa manière de travailler, sa fiabilité.
Le « Moi je » est toujours sous jacent et doit être gratifié afin qu’il ne surpasse pas le « Moi groupe » et détruise le groupe, c’est là qu’intervient la reconnaisse du groupe et de la hiérarchie vis-à-vis du sujet pour son travail.
 « Le couple contribution rétribution est ici la clef de la mobilisation des subjectivités nécessaires à la formation d’une volonté commune et de liens de coopération. ….Les analyses empiriques suggèrent que la rétribution est fondamentalement une rétribution symbolique ».Samizdat
Le travail joue ici le rôle du Soi, et c’est cette substitution du soi qui est jaugé par le groupe.
Un jugement négatif direct de la personne (du sujet) pourrait être vécue comme une agression stigmatisante conduisant au rejet du groupe par le sujet.
« L’identité est par ailleurs l’armature de la santé mentale »Samizdat  
Architecte est un métier d’auteur, c’est aussi un métier dual ou la tension entre le « Moi je » et le « Moi je groupe » est permanente. Même s’il travail seul sur un projet il ne peut pas être hermétique au monde, au « moi je monde » qui peut prendre la forme d’une référence (qui fait elle-même référence à autre chose, ainsi de suite), mais aussi celle de l’autobiographie.
« Nous aurons fait en esthétique un progrès décisif, quand nous aurons compris, non comme une vue de la raison mais avec l’immédiate certitude de l’intuition que l’évolution de l’art est liée au dualisme de l’Apollinisme et du dyonysisme, » Gilles Deleuze Nietzsche
Nietzsche emprunte ces termes aux grecs pour interpréter l’art et le rôle de l’artiste, il y aurait deux types d’art, l’art du sculpteur (l’art apollinien « le rêve » l’équilibre) et l’art non sculptural (l’art de Dionysos « l’ivresse » la démesure).
L’artiste est l’instrument et le siège de ce dualisme, capable de fusionner son « moi je » apollinien avec le chaos dionysiaque, et qui par son aptitude à l’individuation jongle entre le chaos et la raison pour engendrer l’œuvre d’art.
« Jusqu’à ce qu’enfin, par un miracle métaphysique du vouloir hellénique, ils apparaissent unis, et dans cette union engendre l’œuvre d’art à la fois dionysiaque et apollinienne, la tragédie attique. » Gilles Deleuze Nietzsche
Ainsi nous pouvons faire une analogie entre la psyché, le dualisme de l’individu, de l’artiste et le dualisme du groupe à savoir le « Moi je groupe ».
« L’individu qualifié justement de central, est mis en position d’être le Moi du groupe : le leader est alors un arbitre »p 185 DAnzieu  
Sans amalgame entre ces differents groupes, on pourrait dire que les partis politiques, les sectes, ou les religions participent de l’illusion groupale fondée sur le « moi idéal ».  
 L’icône, l’idéal du moi de Freud, le leader du groupe, le dieu grec, apparaissent désormais comme le résultat, l’incarnation, le totem du  « Moi je groupe » (fusion), respecté mais accessible (demi-dieu). La deuxième « rétribution symbolique » qu’évoquait D.Anzieu pourrait bien être l’identification du sujet au moi idéal, le sujet projette une partie de son identité sur le leader qui représente le groupe face à la réalité extérieure, bien qu’à l’intérieur du groupe la multitude du « je » soit l’exacte réalité.
« Nous avons été conçu par parthénogenèse, nous subsistons dans le ventre maternelle par conception continue, nous sommes conçus mais non encore nés, notre naissance est indéfiniment reportée, le désir de notre mère étant de nous garder et notre désir étant de rester ainsi, tous bien ensemble et tous bien en elle ».p77D Anzieu

n°860
reef
Profil : aRootsien(e) de bois
Note : 2/5 pour 1 vote
Posté le 13-06-2007 à 13:10:48  profilanswer
 

Sans amalgame entre ces différents groupes, on pourrait dire que les partis politiques, les sectes, ou les religions participent de l’illusion groupale fondée sur le « moi idéal ». De même les membres d’un parti politique ont des idéaux politiques, mais ces derniers sont inscrits dans le champ du parti politique.
Il apparaît ainsi que Jean Nouvel est omniprésent dans les projets que l’agence réalise (le champ, sa manière de faire l’architecture), même s’il ne dessine pas forcément, car Il reste la condition d’existence ultime, le pivot, l’axe de l’agence, du groupe. A contrario Jean Nouvel ne pourrait pas maintenir sa visibilité, son niveau d’activité dans le débat architectural s’il n’avait pas son agence derrière lui. Il est clair que je ne peux pas construire la fondation quartier si je n’établis pas une relation de complicité avec celui qui la conçoit et la dirige, et cette complicité doit exister au niveau d’une équipe, d’une entreprise, d’un projet global. (16) Je m’efforcerai à démontrer l’omniprésence de Jean Nouvel dans ses projets (œuvres) dans les prochains paragraphes.
 
 
(15) Didier Anzieu, Le groupe et l’inconscient l’Imaginaire groupal, p. 77.
 
(16) Jean Baudrillard Jean Nouvel, Les objets singuliers architecture et philosophie, éditions de la Villette, Calman-Lévy, 2000 p. 118.
 
 
(17) wikipédia, http://fr.wikipedia.org, 2007.
 
(18) Jean Baudrillard, Les objets singuliers architecture et philosophie, p. 39.
L’œuvre, la référence, la marque, l’identité :
 
L’œuvre d'art demeure toujours une tentative d’ordonnance matérielle d'éléments a priori distincts. Matière et forme, conscience et inconscience, l’ordre que l'artiste met en place construit un système ouvert de correspondances, proche de la vie. Elle se situe aux frontières du conscient et de l’inconscient, cherche l’essence derrière l’apparence. Le vécu intérieur qui s’impose à l’artiste, cette nécessité de communiquer son expérience, se livre au moyen d’empreintes sensibles et suprasensibles recréées à partir de modèles intérieurs, modèles de la profondeur des êtres et des choses qui vont toucher des affects particuliers. Certains aspects esthétiques du phénomène, de l’apparent, sont donc plutôt confiés à notre esprit qu’à la raison. (17)  
On peut en partie déterminer le statut d’une œuvre architecturale en faisant un parallèle avec l’œuvre d’art, le livre et la marque.
Prenons l’exemple de la marque Chanel qui a été créé par Coco Chanel, et qui est maintenant dessinée par Karl Lagarfeld. Si les vêtements de cette maison de couture créée par Coco Chanel étaient des œuvres on pourrait dire que karl lagarfeld est un copiste, ou un successeur approuvé (à la différence de la contrefaçon).
 
Ce qui différencie en partie une œuvre d’un objet quelconque, d’une marque, ou d’un vêtement Chanel c’est la singularité de cette œuvre et l’impossibilité du glissement de l’identité.
 Une œuvre c’est une singularité, et toutes ces singularités peuvent créer des trous des interstices, des vides, etc.., dans le plein métastatique de la culture. (18) Une marque ne dit rien d’autre que ce qu’elle prétend être, qui se souci de l’auteur de NIKE, ADIDAS, ou autre, la marque acquiert sa propre identité.
A contrario on imagine mal un réalisateur réaliser des films et les signer Alfred Hitchcock, or tout comme Hitchcock Coco Chanel est décédée, Que deviendra AJN à la mort de jean Nouvel ?
L’architecture n’échappe pas forcément à la marque et au glissement d’identité, Jean Baudrillard et Jean Nouvel nous en donne un exemple lorsqu’ils citent le nom de l’architecte Kenzo Tange JB- Depuis cinq ou six ans, Kenzo Tange ne fait plus rien lui-même. Tu vois, c’est peut-être la dernière chose qu’il ait accepté…Il avait atteint le point ultime.
JN- Le nom des grands architectes devient quelquefois une marque. Et au nom de Kenzo Tange on continue à construire. (19)
En effet cet exemple est une preuve du glissement d’une identité sur un objet (la marque Tange associates qui a continuée son activité à la retraite de Kenzo Tange), Kenzo Tange avait pris sa retraite en 2002 et est mort à l’âge de 91 ans le 22mars 2005.  Mais ce glissement d’identité est d’autant plus facile que le successeur de kenzo Tange n’est autre que son fils Paul Noritaka Tange.
 
L’omniprésence « médiatique » de jean Nouvel lorsqu’il présente les projets de son agence au public, ses publications, ses prises de positions politiques témoignent d’une identité, d’une singularité architecturale affirmée forte, qui fait obstacle au glissement de son nom vers une marque.
L’identité de l’auteur comme je l’évoquais précédemment implique la notion de référence qui revête différentes approches tel que l’empirisme inductionniste ou encore les démarches heuristiques issues des critiques de Popper à l’école de vienne. Popper refuse de n’accorder de sens qu’à des énoncés scientifiques reposant sur l’analyse.  
 
(19) Jean Baudrillard Jean Nouvel, Les objets singuliers architecture et philosophie, éditions de la Villette, Calman-Lévy, 2000 p. 89.
 
(20) François Carel, Texte publié dans l’humanité, 30 mars 1999.
 
(21) François Carel, Texte publié dans l’humanité, 30 mars 1999.
 
(22) Jean Nouvel, Jean Nouvel 25 projets, Revue AMC hors série, 2001, p10.
 
 
Il  affirme qu’aucune décision ne peut être déduite d’un énoncé de fait. Il prétend au contraire que l’esprit, doté d’une connaissance préalable, construit lui-même des observations qui sont ensuite comparées au problème posé. Ce courant de penser, accordant une plus large place aux « intuitions » qu’à l’analyse, a également donné lieu à une réflexion sur un modèle de conception architectural  « le modèle d’apprentissage ». Ce modèle considère que la conception est le fruit de la confrontation du contexte (site, programme) et d’une image constituée intuitivement par le concepteur au préalable : image / formalisation / mise à l’épreuve/ conception.
Jean Nouvel se rapproche de ce deuxième type de référence, son rejet de l’historicisme, « l’hyper spécificité », la littéralité et la constance de son discours dans ses projets, sa vision de l’architecture comme la rencontre d’un contexte avec une idée ou un concept en font un architecte singulier et identifiable.
 
 
Jean Nouvel et les grands principes de sa théorie de l’architecture :
 
Jean Nouvel est un architecte polémique, politique, et la création de l’association AMIS association pour la mutation de l’île Seguin en donne un exemple signifiant.
Après l’annonce du départ de l’entreprise Renault de l’île Seguin pour Guyencourt les politiques de l’époques ce sont emparés du projet d’aménagement. Michel Rocard  premier ministre à cette époque annonce que cette opération est une « opération d’intérêt national ».
Il demande alors un rapport à Jean Eudes Rouiller qui conseil  de conserver la vocation industrielle de Billancourt, en développant un pôle de recherche et de formation aux hautes technologies, et de favoriser le logement social. (20)  En septembre 1991, Edith Cresson se décharge de l’affaire "opération d’intérêt national" sur le ministre de l’Equipement, Paul Quilès. Jean-Pierre Morelon, avec le concours du paysagiste Alexandre Chemetov et de l’architecte Renzo Piano réalise alors un rapport validant les idées de Roullier. Il prévoit que l’île Seguin, transformée en cité scientifique, garde sa silhouette massive de paquebot, si particulière : question de trace et de mémoire... (21)  Jusqu’à présent les intentions gouvernementales allaient dans le sens de ce que Jean Nouvel rêvait pour l’île Seguin.  
Lorsque Morelon remet son rapport en 1993, le ministre de l’équipement a changé, Bernard Bosson nouveau ministre de l’équipement étiqueté UDF abandonne très vite l’idée "d’opération d’intérêt national" et charge les élus locaux de réaliser un "aménagement exemplaire". Le problème pour Jean Nouvel est que c’est aux amis politiques du ministre qu’a été confié le dossier, des amis politiques qui ne partagent pas forcément son point de vue.
 Construire la ville requiert une vision, une culture, alors que les ateliers d’urbanisme campent sur l’idéal d’une fibre neutre, avec pour seule ambition d’être raisonnable. (22)
En 1991, les six communes entourant l’île Seguin créent un syndicat mixte chargé de l’élaboration du schéma directeur du Val de Seine. Le syndicat est dirigé par trois communes (Boulogne-Billancourt, Meudon et Issy-les-Moulineaux), avec la participation des conseils régional et général, plutôt à droite de l’échiquier politique.  
 
Deux ans plus tard, Jean-Pierre Fourcade, maire UDF de Boulogne et président du syndicat mixte, relance la procédure avec les maires UDF de Meudon et d’Issy. En décembre 1996, le schéma directeur du Val de Seine passe en force et en 1997, les collectivités locales, Renault et la préfecture s’associent pour former  un " groupe de travail " informel, qui se réunit et auditionne des architectes (dont Jean Nouvel) et en choisit trois (Paul Chemetov, Jean-Pierre Buffi et Bruno Fortier) chargés de travailler en concertation.  Les trois architectes se voient imposer un postulat de base : les usines sont rasées sur Meudon, l’île Seguin et Boulogne ; l’important est " le renouveau des rapports centre-ville et fleuve " et " une conception de la ville comme paysages partagés ". Suite à cela, après une discrète présentation des trois projets à la population (450 avis d’habitants recueillis !), le syndicat du val de Seine adopte un " plan programme " d’urbanisme inspiré du projet Fortier et s’assure le contrôle exclusif des opérations d’aménagement. Fourcade a gagné son pari, il est seul maître à bord… (23)  
 
(23) François Carel, Texte publié dans l’humanité, 30 mars 1999.
 
(24)Jean Nouvel, Les objets singuliers architecture et philosophie, éditions de la Villette, Calman-Lévy, 2000 p. 118-119.
 
(25)Jean Nouvel, Les objets singuliers architecture et philosophie, éditions de la Villette, Calman-Lévy, 2000 p. 35.
 
C’est à ce moment que l’un des traits de caractères de Jean Nouvel va se manifester, son ambiguïté. Lorsqu’il y a une synergie, une complicité (24) entre ses projets, ses idées et les différents acteurs (maîtres d’ouvrage, politiques et autres) il accepte les connivences.  Or, toutes les grandes architectures se sont faites dans une complicité entre maître d’œuvre et maître d’ouvrage. (24)  
N’ayant pas été retenu par le groupe de travail informel et n’ayant par conséquent aucun pouvoir sur cet aménagement qui va à l’encontre de ses intentions, Jean Nouvel déclare  par une tribune dans le journal " le Monde ", intitulée  Boulogne assassine Billancourt, la combativité de tous ceux qui ne peuvent se résigner à la disparition de l’usine et à l’extraordinaire tranche d’histoire sociale, industrielle et politique qu’elle représente.  
 
Un « contre pouvoir » se forme au sein d’une Association pour la mutation de l’île Seguin (AMIS). Le vice-président de cette association est Jean-Louis Fournier, secrétaire général de la CGT métallurgie : "  
La CGT s’est battue pendant des années pour empêcher la fermeture du site, il est normal qu’elle s’implique aujourd’hui pour empêcher la démolition. L’île Seguin est un lieu de mémoire collective qui a besoin d’être préservé dans sa configuration et inscrit dans une perspective d’avenir. "  
Daniel Lacroix, ancien premier secrétaire du PCF de Billancourt, devenu directeur d’une société d’aménagement met Fournier et Nouvel en relation. Le 12 mars, les 80 personnes qui se réunissent pour créer l’AMIS savent qu’elles ont, entre autres, le soutien de Pierre Bourdieu, qui s’est fait représenter, et de Bernard Thibault.  
Il y a des architectes, des étudiants, des syndicalistes, tous en accord avec Nouvel lorsqu’il scande que  le temps des rénovations au bulldozer est révolu  et qu’il demande " la prise en considération du monde ouvrier et de ses symboles ". Daniel Lacroix résume le sentiment général : " Nous voulons casser le mutisme autour de ce réaménagement. Il faut donner une ampleur nationale à ce dossier. "
Il est intéressant de noter que Jean Nouvel à travers cette association, ce contre pouvoir, a opéré un glissement total du débat architectural et urbain vers le débat politique, n’ayant plus aucun recours en tant qu’architecte ce contre pouvoir s’est associé à des personnalités de gauches.
 
Je crois que, par petites touches, on peut avoir l’éthique de rendre la situation à chaque fois plus positive après chaque intervention…C’est une esthétique de la révélation, une façon de prendre une partie du monde et de dire : Je me l’approprie et je la donne à voir d’une autre façon. (25)   Cet exemple relève une multitude d’aspects du personnage Jean Nouvel, cette proportion à se positionner sur le plan politique concernant l’aménagement urbain, parce qu’il estime que l’urbanisation n’est pas ce qu’elle devrait être, contribue à la formation de l’icône Jean Nouvel. Ainsi comment pourrait-il d’une part, prendre de la distance par rapport à son agence et à ses projets (AJN l’incarnation de ses idées et idéaux) lorsque d’autre part il est identifié, visible comme architecte polémique géniteur et instigateur de ses concepts. On remarque encore ici la complexité du couple Jean Nouvel/ AJN (140 personnes).
Comme je le disais précédemment Jean Nouvel et AJN sont liés, il y a eu fusion symbiotique du groupe avec le leader, la condition ultime d’existence du groupe c’est J. Nouvel, inversement sans le groupe J. Nouvel n’aurait pas la visibilité qu’il a à l’heure actuelle.  
Jean Nouvel a imprimé une si forte identité singulière dans sa manière de faire l’architecture, qu’à la disparition de ce dernier l’agence AJN se retrouvera dans la position de l’équipe de tournage sans son cinéaste (référence à Hitchcock cité plus haut).
 
 
(26)Jean Nouvel, Les objets singuliers architecture et philosophie, éditions de la Villette, Calman-Lévy, 2000 p. 16.
 
(27) Jean Baudrillard, Les objets singuliers architecture et philosophie, éditions de la Villette, Calman-Lévy, 2000 p. 23.
 
 
(28)Jean Nouvel, Les objets singuliers architecture et philosophie, éditions de la Villette, Calman-Lévy, 2000 p. 34.
 
(29) Jean Baudrillard Jean Nouvel, Les objets singuliers architecture et philosophie, éditions de la Villette, Calman-Lévy, 2000 p. 17.
 
Le contexte est aussi un élément caractéristique de cette prise de position et de la pratique de l’architecture qu’a Jean Nouvel.
 Où pouvons-nous trouver un espace de liberté et un moyen de dépasser ces contraintes ?
En ce qui me concerne, Je l’ai cherché dans l’articulation de plusieurs choses, et en particulier dans la formulation d’une pensée préalable. (26)
Cette pensée préalable, le concept comme le nomme Jean Nouvel est le vecteur directeur (ce que j’ai appelé plus haut le champ du leader) et c’est ça la visibilité de l’auteur dans l’œuvre chez Jean Nouvel, la multitude de forme que peut prendre les projets d’AJN découle des grandes lignes de  la théorie de l’architecture de Jean Nouvel.
Le choix du concept, c’est quelque chose qui doit entrer en conflit avec le contexte, avec toutes les significations (positives, fonctionnelles) que peuvent prendre un édifice, ou une théorie, ou n’importe quoi d’autre. (27)
 
La théorie de l’architecture de Jean Nouvel diffère des théories de l’architecture comme modèles pré établis (classicisme ou autres), cette pensée préalable singulière (contexte, hyper spécificité, singularité, analogie, métaphore, concept, littéralité) est une ligne directrice intellectuelle déclinable sous différentes formes physiques à l’infini.
Jean Nouvel oppose souvent contexte et histoire, nostalgie et historicisme, et ce place de cet manière comme un architecte contemporain en rupture avec l’architecture recette, il va même jusqu’à dire que tout ce qui est contre l’architecture il est pour au sens où l’architecture serait l’application de recettes préalables, de modèles pré-établis.  
 
Vitruve c’est un livre de recettes, on te dit exactement comment construire un bâtiment…On te disait aussi comment faire les villes, on se servait de différentes typologies, on te donnait les recettes de l’art urbain. (28)  
Jean Nouvel se trouve entre « nostalgie » et anticipation, il ne rejette pas l’histoire en bloque mais refuse la formolisation, il s’en sert comme point de départ pour la prospection. La seconde ambiguïté que l’on peut relevé chez Jean Nouvel est son goût pour le secret et la communication. De façon que la présentation, la communication de ses projets aux publics fait évènement et reste pour lui un privilège immuable. En effet dans ses projets il essaye de brouiller les pistes. J’essaie de créer un espace qui n’est pas lisible, un espace qui serait le prolongement mental de ce que l’on voit. Cet espace de séduction, cet espace virtuel de l’illusion, est fondé sur des stratégies précises, et sur des stratégies qui sont souvent elles-mêmes des détournements. (29)
 
Mais alors comment interpréter cette citation ? (troisième ambiguïté) Jean Nouvel est contre l’architecture recette (à la manière de Vitruve) cependant il nous dit que pour lui l’espace de séduction, l’espace virtuel de l’illusion, est fondé sur des stratégies précises. En somme c’est une recette mentale, directrice et conceptuelle.
Il compare sa manière de faire l’architecture au cinéma, il joue sur la séquence, les déplacements, la vitesse, la mémoire, l’illusion, la virtualité et la réalité, l’immatérialité. Selon lui l’architecture  est une chose dont on prend conscience par l’oeil.
Pour le projet de la fondation cartier, J. Nouvel mélange volontairement dans le même plan image réelle et image virtuelle (reflets).  
Si je regarde la façade, comme elle est plus grande que le bâtiment, je ne sais pas si je vois le reflet du ciel ou le ciel en transparence…Si ensuite je regarde l’arbre à travers les trois plans vitrés, je ne sais jamais si je vois l’arbre en transparence, devant, derrière, où le reflet de l’arbre. (30)
 
 
(30)Jean Nouvel, Les objets singuliers architecture et philosophie, éditions de la Villette, Calman-Lévy, 2000 p. 20.
 
(31)Jean Nouvel, Les objets singuliers architecture et philosophie, éditions de la Villette, Calman-Lévy, 2000 p. 114.
 
(32) Jean Nouvel, Jean Nouvel 25 projets, Revue AMC hors série, 2001,  
p17.
 
(34)Jean Baudrillard Les objets singuliers architecture et philosophie, éditions de la Villette, Calman-Lévy, 2000 p. 104.
 
(35)Jean Nouvel, Les objets singuliers architecture et philosophie, éditions de la Villette, Calman-Lévy, 2000 p. 117.
 
L’illusion est ici traitée par un procédé technique (le plan en verre) et par une architecture.
Cependant en quoi cette formalisation de l’illusion diffère d’un ordre dorique chez Vitruve ? Tous deux renvoient à une pensée préalable, une interprétation, une littéralité.
Ces notions de contraste, d’enchaînement ou de prolongement sont des concepts fondamentaux et constitutifs du projet architectural pour Nouvel, ce sont également des procédés qui lui permettent d’interroger l’individu tout en gardant le « secret de polichinelle » du concept, de la théorie préalable qui elle, est récurrente et matricielle chez J. Nouvel.  
Il faut toujours qu’il y ait des choses qui soient de l’ordre du non dit, et des choses dans lesquelles on se perd.  
 
Cette hyper spécificité de J. Nouvel, cette contextualité, cette volonté d’être contemporain et prospectif le conduisent à des objets architecturaux singuliers, à des projets (différents des objets d’art) car inscrits dans des domaines beaucoup plus contraignants, paradoxalement souvent en rupture en conflit avec le contexte immédiat (typologie environnante), et évidement avec l’histoire (ex église de Sarlat).
Je ressens un besoin d’architecture polémique utilisant l’opposition, la contradiction, la provocation pour débusquer les monstres somnolents de l’habitude irréfléchie, du réglementaire aveugle, de la démission facile. (32)  
La contradiction, la provocation sont des moyens connus pour attirer l’attention sur soi et obtenir la visibilité que l’on demande, le tout est d’avoir les arguments pour pouvoir supporter la lumière des projecteurs, en effet à ce degré de visibilité Jean Nouvel ne peut pas se permettre d’être en contradiction avec lui-même et par conséquent ne peut pas être en contradiction avec son agence AJN, car d’autres l’attendent au tournant afin de le décrédibiliser en cas d’incohérence, c’est le rôle de la critique.
 
La singularité selon J. Baudrillard dépasse toutes les interprétations que l’on peut faire de l’objet, il s’épuise et se résout en lui-même, il est littéral et nous absorbe littéralement.
Cette singularité doit faire événement, l’objet doit être autre chose que ce que l’on interprète de lui. Un même objet pourra répondre à toutes les fonctions qu’on lui assigne, il n’empêche que lui seul aura cette espèce de qualité en plus… (34)  
 
Jean Nouvel est très sensibles à l’architecture évènement, et cette singularité du personnage ou des projets le rend autonome et hermétique à toutes références stylistiques.
Pour Jean Nouvel un style c’est une manière d’agir et non pas comme un vocabulaire préalablement spécifié, dont on se sert selon un code préalablement établi.  Il est intéressé par la façon d’agir d’un style, ce qui a posé problème à certaines personnes qui se demandaient dans un premier temps : Mais que fait-il, celui là ?  Quand la façon d’agir d’un architecte est identifiée, le moyen de reconnaissance que nous avons de son style l’est aussi. (35)
Le celui là  témoigne de la fusion d’AJN avec J. Nouvel.
La littéralité entre le discours de Jean Nouvel et ses projets ainsi que sa singularité font que les conditions de la visibilité de l’auteur dans l’œuvre sont possibles et identifiables, ce qui n’est pas évident avec un architecte qui se revendiquerait d’un style initié par un autre architecte. Tu ne travailles pas avec un programme, tu travailles avec un récit. Ton programme, c’est ton récit. Ce récit véhicule des images comme un scénario. (36) J
 
J’étais parti du présupposé que Jean Nouvel avait pris du recul vis-à-vis de son agence mais au court de mon étude je me suis rendu compte que c’était bien plus compliqué que cela, c’est physiquement  possible vu le nombre de projets sur lesquels l’agence travail, il est très difficile d’approfondir chaque projets (c’est le rôle des chefs d’équipes et des architectes). Cependant la visibilité de l’auteur dans l’œuvre chez Jean Nouvel, se traduit par ce qu’il appelle la pensée préalable (le champ de l’auteur), cette pensée préalable est présente dans les projets d’AJN et peut se matérialiser sous la forme d’une esquisse de projet.
 
 
(36) Paul Virilio, extrait de texte Jean Nouvel, Electa Moniteur, paris 1987.
 
La question de la visibilité de l’auteur dans l’œuvre, est une question profondément singulière et ne peut pas conduire à une réponse générale. Chaque auteur est singulier et renvoie à des domaines, des champs disciplinaires, des manières de faire vastes en parti constitutif de l’identité de l’auteur.
 
 
Bibliographie :
 
Didier Anzieu, Le groupe et l’inconscient l’Imaginaire groupal, Bordas, 1984, (Dunod 2éme ed. 1993).
 
Jean Baudrillard Jean Nouvel, Les objets singuliers architecture et philosophie, éditions de la Vilette, Calman-Lévy, 2000.
 
Jean Nouvel, Jean Nouvel 25 projets, Revue AMC hors série, 2001.
 
Christophes Dejours, Coopération et construction de l’identité en situation de travail, http://multitudes.samizdat.net/, mars 1993.  
 
Gilles Deleuze, Nietzsche, extrait de texte, 1965.
 
François Carel, Texte publié dans l’humanité, 30 mars 1999.
 
Paul Virilio, Extrait de texte Jean Nouvel, Electa Moniteur, paris 1987.
 
 
 
 
 
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