Le mur de graffiti derrière Denise Scott Brown et Robert Venturi rassemble les principes qu’ils ont mis en place pendant plus de 40 années. (Gène J. Puskar)
Dans les années soixante, le duo sulfureux formé par Robert Venturi et Denise Scott Brown faisait entendre parler de lui. Tout commença en 1966, quand Robert Venturi écriva le légéndaire ""Complexity and Contradiction in Architecture" (de l’ambiguité et de la contradiction en architecture), qui fit le tour de la planète et devint l’icône manifeste d’une architecture post-moderne. "Less is bore" était alors proclamé pour répondre au "less is more" de Mies Van der Rohe. Venturi insiste alors sur la nécessité de signifier en architecture, à l’instar de la Rome Antique, qu’il analysa et décrypta à travers ses détails maniéristes, décoratifs et symboliques.

La même année, Denis Scott Brown, enseignante à UCLA présenta Las Vegas à Robert Venturi, qui devint ensuite son mari. En 1972, Le fruit de cette découverte sera alors transcrit à travers "Learning from Las Vegas", qui se veut un reccueil de l’enseignement d’une architecture qui plaît et semble communicante (the power of communication) vis à vis du peuple, comme l’était l’architecture de la Rome antique. "Comment se fait il qu’une architecture aussi "méprisante" puisse susciter l’émerveillement et l’épanouissement architectural des masses populaires ?" se pose comme question Venturi et Scott Brown.
Les premiers projets basés sur cet enseignement ne pouvaient être que provocateurs et audacieux (Columbus, Ind., firehouse 1966-1968), et nombreux projets ne virent d’ailleurs jamais le jour : par exemple, New York’s Whitehall Ferry Terminal, un édifice à la façade caméléon, qui selon les mots de Venturi aurait été "l’équivalent électronique de la statue de la liberté".
Aujourd’hui une exposition rend largement hommage au modernisme baroque, maniériste et rococco de Venturi, Scott Brown à travrers des rendus de projets non réalisés montrant l’ampleur et l’utopie de leur oeuvre, mais aussi un succès ( commercial/clients, lors d’une visite en Chine, Robert Venturi a eu droit un accueil digne d’une vedette de cinéma), qui montre encore une fois comment le travail sur la communication en Architecture occupe une place prépondérante dans l’intégration de l’architecture dans la société.
"Out of the Ordinary : The Architecture and Design of Robert Venturi, Denise Scott Brown and Associates" jusqu’au 2 février 2003 au Carnegie Museum of Art, Oakland. Information : 412-622-3131.
Agés de plus de 70 ans, le couple continue toujours de travailler sur des projets d’architecture. Aussi longtemps que leur bonne santé se tient, ils ne voient aucune raison de s’arrêter. Leur travail est leur vie.
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