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Théorie de l’aRchitecture


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Ville, définition

Forum Architecture


Ville, définition



Le questionnement architectural sur la ville commence par la recherche d’une définition de celle-ci. Qu’est-ce que la ville aujourd’hui ?

Ville, définition donnée par F.Choay :

« Ville. On mettra entre parenthèse son sens institutionnel : objet d’une convention, variable selon les pays ( en France, population agglomérée d’au moins 2000 habitants dans une seule commune), ce qui constitue un instrument administratif. Etymologiquement, le français « ville » vient du latin villa, désignant un établissement rural autarcique qui a souvent constitué le noyau des cités médiévales. Cette étymologie souligne l’appartenance de la ville européenne préindustrielle à la campagne. Dans le langage commun aujourd’hui ville continue de désigner le lieu ou le support statique d’une triple communication engageant l’échange des biens, d’informations et d’affects. Elle demeure conçue comme indissociable de ce que les romains appelaient urbs ( territoire physique de la ville) et civitas ( communauté de citoyens qui l’habitent) ou encore comme appartenance réciproque d’une entité spatiale discrète et fixe d’une population. »

La définition même de la ville nous permet d’échapper au simple ensemble urbain ; la ville est d’abord et avant tout « les personnes qui l’habitent », autrement dit il s’agit là de distinguer la ville édifiée de la ville habitée.

Cette distinction remonte à l’Antiquité , puisque les romains distinguaient l’urbs, et la civitas, communauté des citoyens. Cette distinction existait déjà aussi chez Aristote avec celle de la matière et de la substance : « Les personnes et les gens sont la matière de la cité, mais son ordonnance et sa gouvernation en sont la forme ». L’architecture est la réponse spatiale à l’ordonnance et à la gouvernation de la ville.

Insistons aussi sur le fait que cette différenciation n’est pas très claire dans notre société occidentale si on la compare à la société orientale où le concept de ville habitée apparaît au premier plan. ( Il suffit pour s’en convaincre d’étudier les modes de fabrication de la ville dans les sociétés japonaises ou chinoises.) La société occidentale a toujours accorder plus d’importance à la forme édifiée de la ville qu’aux relations communautaires.

Alain DOUANGMANIVANH

ill. Sienne, © Patrice Jeandroz



P.-S.


UTOPIE La quête de la société idéale en occident. Une exposition de la BNF en ligne .


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Commentaires

2 Messages de forum

  1. > Villes, définition selon Arthur Rimbaud !

    Villes : L’acropole officielle...


    L’acropole officielle outre les conceptions de la barbarie moderne les plus colossales. Impossible d’exprimer le jour mat produit par le ciel immuablement gris, l’éclat impérial des bâtisses, et la neige éternelle du sol. On a reproduit dans un goût d’énormité singulier toutes les merveilles classiques de l’architecture. J’assiste à des expositions de peinture dans les locaux vingt fois plus vastes qu’Hampton-Court. Quelle peinture ! Un Nabuchodonosor norwégien a fait construire les escaliers des ministères ; les subalternes que j’ai pu voir sont déjà plus fiers que des Brahmas et j’ai tremblé à l’aspect de colosses des gardiens et officiers de constructions. Par le groupement des bâtiments en squares, cours et terrasses fermées, on a évincé les clochers. Les parcs représentent la nature primitive travaillée par un art superbe. Le haut quartier a des parties inexplicables : un bras de mer, sans bateaux, roule sa nappe de grésil bleu entre des quais chargés de candélabres géants. Un pont court conduit à une poterne immédiatement sous le dôme de la Sainte-Chapelle. Ce dôme est une armature d’acier artistique de quinze mille pieds de diamètre environ.
    Sur quelques points des passerelles de cuivre, des plates-formes, des escaliers qui contournent les halles et les piliers, j’ai cru pouvoir juger la profondeur de la ville ! C’est le prodige dont je n’ai pu me rendre compte : quels sont les niveaux des autres quartiers sur ou sous l’acropole ? Pour l’étranger de notre temps la reconnaissance est impossible. Le quartier commerçant est un circus d’un seul style, avec galeries à arcades. On ne voit pas de boutiques. Mais la neige de la chaussée est écrasée ; quelques nababs aussi rares que les promeneurs d’un matin de dimanche à Londres, se dirigent vers une diligence de diamants. Quelques divans de velours rouge : on sert des boissons polaires dont le prix varie de huit cents à huit mille roupies. A l’idée de chercher des théâtres sur ce circus, je me réponds que les boutiques doivent contenir des drames assez sombres. Je pense qu’il y a une police, mais la loi doit être tellement étrange, que je renonce à me faire une idée des aventuriers d’ici.
    Le faubourg aussi élégant qu’une belle rue de Paris est favorisé d’un air de lumière. L’élément démocratique compte quelque cent âmes. Là encore les maisons ne se suivent pas ; le faubourg se perd bizarrement dans la campagne, le "Comté" qui remplit l’occident éternel des forêts et des plantations prodigieuses où les gentilshommes sauvages chassent leurs chroniques sous la lumière qu’on a créée.

    Arthur Rimbaud


    par Guidu di Cinarca | 24 décembre 2002, 10:20
  2. La ville est l’horizon indépassable de notre temps.

    " Elle est tout notre temps. Son présent. L’air qui passe. Oui, il n’y a plus guère de promeneurs.
    En marchant entre les villes de la Décapole on peut se demander "Où en suis-je" de ma pérégrination ? Je suis à la fois dedans où j’étouffe - "mannequin à la main sèche tressé dans l’osier de l’exil" - et dehors où je ne trouve nulle place. Nul abri. Pas à pas. De ville en ville. À travers les villes. D’entre les villes, leurs rocades, pénétrantes ou périphériques, bords de mer, jetées, monuments, traverses et terrains vagues...
    Voix qui se sait "comptable des masques de la nuit et du brouillard de ces gens égarés puis livrés". Voix qui n’hésite pas à agiter le kaléïdoscope mental où prennent forme à partir de quelques bouts de réalité, de bribes de choses vues, d’odeurs, de morceaux, de miettes, non un décor de ville - ici, on ne témoigne de rien, on n’explique rien - mais le fond même de ce qui est. Un pan de ce noir entré en nous et qui nous a déchiré, nous vouant au labyrinthe "de la solitude des instants décomposés". Voix qui cherche à articuler l’agitation et le calme, l’affolement et le repos, la colère et la sérénité à ce qui nous pousse à aimer encore : "nuit" qui "se gagne au mérite" et avec qui s’apaise "l’homme de goudron aux prunelles collantes". C’est un ami qui affleure ici entre les mots qu’il pousse au long de versets amples et balancés - versets qui semblent courir après leur propre souffle -, un homme ému. "

    Alain Freixe


    Il faut absolument lire "Décapole" de Yves Ughes aux Editions L’Amourier (Collection D’aventures)


    par Guidu di Cinarca | 24 décembre 2002, 10:52
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