HOMMAGE à GIOVANNI MICHELUCCI 1891-1990
« Giovanni Michelucci nella sua vita non ha fondato scuole o correnti di architettura, non ha rivendicato appartenenze o paternità, è sfuggito a tutti i tentativi di catalogazione, anche generazionale, ha praticato il diritto alla discontinuità, ha creduto in un metodo di lavoro rigoroso fondato sul dubbio più che sulle certezze. »
Corrado Marcetti
Comme une lecture critique
Le rapport des Architectes avec la photographie est ancien il remonte à l’origine de la photographie. Figurer les trois dimensions avec deux seulement était, et est encore la pratique essentielle des « inventeurs d’espaces ». La photographie est très vite devenue un excellent moyen d’y parvenir. La « camera oscura » de la Renaissance est la préhistoire de cette technique.
Pourtant rarement une telle problématique a fait l’objet d’une réflexion critique de la part des Architectes eux même. Même s’il ne manque pas d’exceptions notables, comme Eugène-Emmanuel Viollet le Duc, Gio Ponti, et Giuseppe Pagano, qui en 1938 se définissait comme « chasseur d’images ». Leur approche de la photographie est d ’essence critique. Ils pratiquaient cette discipline du visible, du figuré, pas seulement dans le souci de collecter des éléments d’archives répertoire de connaissances, mais d’avantage comme une lecture critique des processus de projetation, réalisation, et documentation et surtout, comme expression de leur propre capacité visible et formelle. Parmi eux Giovanni Michelucci est incontestablement le plus singulier.

Impressionnable comme une plaque sensible
Le rapport qu’entretenait l’Artiste avec la photographie est indissociable de sa personnalité anti-académique, anti-dogmatique, anti-théorique, anti-rhétorique. Hautement intuitif, essentiellement créatif, impressionnable comme une plaque sensible il regardait le monde avec prémonition et le restituait avec un regard singulier. Ce goût pour le visible que lui offrait la photographie résultait de sa capacité créatrice artistique absolument personnelle, mais aussi du riche terreau de ses références culturelles multiples et finement filtrées. Il aimait la peinture du 20 ieme siècle de Casorati, la peinture métaphysique, le néoréalisme des années cinquante, les scènes de la vie urbaine de Rome Florence ou Orvieto. Il savait nous émouvoir par certaines images des désastres, telles ceux de la Citadelle de Pise, ou les ruines de la zone proche du ponte Vecchio de Florence. Dans ses photographies françaises des années trente, celles pour Casabella ( aussi bien d’Architecture antique ou contemporaine ), celles la Casa del Fascio di Terragni à Como, ou celle d’Architectures spontanées ( sans architectes ), particulièrement les maisons coloniales d’Abyssine, comme une sorte de Vitruve moderne il a ouvert la voie.

L’exacte dimension des choses
Les photographies de Michelucci sont quelque en soit le sujet, - il ne photographiait pas seulement l’Architecture mais aussi tout ce qui la nourrit - , l ’expression personnalisée d’ un équilibre entre une belle sensibilité poétique et la pertinente intuition de l’exacte dimension des choses. C’était un tenant du néo-réalisme Italien des années cinquante, un amoureux de Anna Magnani dans Rome Ville Ouverte .
Son choix du format vertical ou horizontal n’était jamais fortuit, toujours résultant de la confrontation des deux afin d’adapter le point de vue le plus exacte à la situation à représenter. Ses planches contact sont impressionnantes dans la succession des séquences complémentaires. Sont choix dans l’organisation des éléments qui composent ses images manifeste le recours à une modulation savante de la mesure ( l’arpentage de la vue ) et de la résolution fulgurante ( le discrimination de l ’essentiel).
Ainsi souvent on retrouve dans son format rectangulaire ( celui par défaut des appareils photographique ) comme l’adoption d’un nombre d’or parfaitement adaptée au contenu à signifier.
Dans ses compositions il installe très souvent, en premier plan, une forme triangulaire, comme l’assise de certaines natures mortes des grands peintres, ( Edouard Manet ) souvent aussi il organise les éléments de la perspective à l’aide de lignes transversales parallèles.
Quand il prend une vue de face à partir d’un point de vue en hauteur il veille à installer un premier plan, comme une sorte de parapet qui stabiliserait l’observateur. Alors qu’il le bascule dans des conditions spatiales qui introduisent à dessein un temps d’arrêt dans la vision. Il possédait un sixième sens, plus développé encore que le regard et la vision, le calcul fulgurant de la réalité.

Une évidente manifestation provocatrice
La poésie des formes éclairées et de leur visibilité sont centrale pour Michelucci. Mais ce n’est qu’apparence. L’Architecture comme valeur absolue pour lui nécessitait une posture démythifiant, iconoclaste. Insensible aux paradoxes de l’Architecture comme Art ou comme expression de la vie quotidienne il savait que seule une évidente manifestation provocatrice pouvait à cet Art Majeur conserver dimension humaine.
Ne disait il pas en 1966 : « Pour moi l’Architecture si on en exclue ses aspects humains et sociaux et bien moins intéressante que la peinture, la sculpture ou le théâtre. » C’est avec une telle philosophie de la passion l’Architecture qu’a vécu Michelucci jusqu’à 101 ans. Comme Architecte, c’était l’essentiel de son activité, de lui nous conserverons particulièrement : La Stazione ( la gare ) di Santa Maria-Novella de Florence, un absolu chef d’œuvre de rationalisme, moderne et méditerranéen.

Giovanni Michelucci : L’ultima lezione:Une interview, des portraits et des entretiens avec le maître à la fin de sa vie : un livre en italien et en anglais publié par Domenico Cogliandro / Biblioteca del Cenide
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