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Cours et tutoriaux

DE LA SCENOGRAPHIE

Toile peinte ou projet urbain ?

Forum Architecture




La scénographie, art de dessiner les édifices, les sites, et les villes en perspective, n’était pas la moindre des connaissances de nature encyclopédique requises à la culture des Architectes, à qui était octroyé à la Renaissance le privilège d’édifier des espaces publics et la ville. Aujourd’hui la scénographie n’est comprise que comme une discipline de toile peinte pour décor de théâtre. A l’heure où le terme "projet urbain" est désigné comme l’alpha et l’oméga de la pensée urbaine, sans que l’on sache vraiment ce que cela recouvre - interrogez donc à ce sujet, urbanologues, Architectes d’opérations, nouveaux paysagistes, "urbanistes" de lotissements, spécialistes de la révision des POS, opérateurs urbains en tout genre, débusquez donc dans leur propos abscons, la base théorique commune qui leur sert de viatique, la confusion sera grande, et vers l’Orient compliqué, vous voguerez avec des idées simples ! Pour notre part nous osons dire, sans craindre les lazzis "le projet urbain, connais pas, expliquez-nous donc ?".

Le terme "scénographies urbaines" (sans le confondre avec la scénographie dans l’urbain) et les outils qui s’y rattachent : axes de composition, articulations, alignements, décentrements, limites, abstractions, superpositions, glissements, épannelages, rapports au ciel, ancrages au sol, ainsi que la très vaste iconographie, qui depuis la Renaissance à Urbino et ailleurs, n’a cessé d’enrichir le regard et la pensée des Architectes, nous paraissent toujours appropriés, pour répondre aux défis que pose l’adaptation de la ville historique, aux usages de l’espace public de notre époque. Une belle ville, ou une ville embellie, serait donc : une succession articulée de lieux publics correctement scénographiés, un effort d’agencement des masses bâties capable d’engendrer et recevoir les pratiques sociales.

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La Ville idéale
Piero della Francesca

Architectes urbanistes amoureux de la ville, équipes de projets, ingénieux ingénieurs, élus, en scène !

Illustration de VITTORIO MAZZUCCONI

P.-S.

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"Histoire des données iconiques relatives à l’espace architectural et urbain"

Par Pascal SANSON

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Commentaires

3 Messages de forum

  1. > DE LA SCENOGRAPHIE

    La scénographie est une activité complexe qui demande les compétences d’architecte – quand il s’agit de transformer une cour de château (entre autres celle du palais des Papes, à Avignon) en espace théâtral – et celles d’ingénieur – quand il faut calculer, par exemple, la résistance d’un décor au vent. Bien entendu, cette activité nécessite aussi une approche artistique, qui attire d’ailleurs nombre de peintres, puisqu’il faut être capable de s’adapter à un texte ou à une situation dramatique ainsi qu’à la mise en scène qui va en être faite

    Dans le contexte contemporain, le scénographe ne limite pas son intervention au strict domaine théâtral. On le voit apparaître dans toutes sortes de circonstances : par exemple, au moment de la conception du Palais omnisports de Bercy, à Paris, lors de l’élaboration d’un décor de variétés, ou au cours de la préparation d’une exposition. Il décide parfois d’organiser un spectacle fondé sur les seules innovations scénographiques.

    | 21 mars 2003, 10:30
  2. Quelques notes sur le vide

    L’espace du théâtre se déploie dans la région hybride qui se situe entre parole et écoute. C’est le cercle spontané autour du conteur, cette distance ménagée pour laisser libre l’air de la parole, pour se protéger de ses projections de rire ou de dédain, pour que le corps parlant se voie dans sa solitude, dans son altérité fécondante, que ses gestes s’élucident clairement et agissent.
    L’espace du théâtre est une distance. Une distance qui sépare dans tous les sens. Est-ce un vide ? Maurice Blanchot dit de la distance qu’elle est la condition de l’échange. Le vide ne peut être décidé, choisi en tant que tel. Ce n’est pas un style. Quand on emprunte la forme "vide", et qu’on l’applique extérieurement à un projet, ce vide inassumé, inaccompli, encombre tout autant qu’un "plein". Il y a des vides bavards, des ciels stériles, des manques sans question. Pour accueillir la parole, l’espace doit se taire. Mais pas n’importe quel mutisme : un mutisme en mouvement, un questionnement. Il ne peut y avoir de "vide" scénique sans qu’il y ait mouvement : mouvement de retrait, de raréfaction dont il témoigne et qui continue de l’agir. Dynamisme parfois violent d’une immobilité qui s’ouvre, qui va s’ouvrant. L’espace du théâtre pourrait fonctionner comme l’architecture organique des cathédrales : mécanique des forces qui se maintiennent tendues, vivantes, actives ; mécanique du corps humain dont l’immobilité même est un mouvement ; dynamisme statique des constellations. Réseaux de forces qui tendent les lignes, assoient les masses, érigent les verticales. Toute forme évoque un fondement énergétique. L’espace se constitue selon une économie précise des forces, des directions et des matières. Penser des images par le biais de la sensation : mélange de mouvement, de fixité et de fondu, instantané qui comporte ses propres transitions, qui ne fixe rien sinon un possible mouvement, sa direction, sa tendance, sa qualité dans le processus permanent des métamorphoses. Images à la fois précises et indéfinies. Précises dans leur indéfinition. Ne rien représenter, ou plutôt s’attacher à ce que la représentation ne fixe rien qui s’imposerait à notre faculté de voir. Je ne vois pas ce que je vois, rares sont les moments où je vois vraiment ce que j’ai devant moi ; mais j’invente, je contamine, je projette la fiction de ma propre vie dans l’espace du monde qui est en moi. Voir c’est avoir des visions. De même le spectacle s’offre à moi comme le champ renouvelé, fécondé par l’autre, où ma substance pourra fleurir autrement. Dans le temps du spectacle, que chacun demeure seul dans sa vision particulière, seul avec tous les autres, que l’on puisse faire l’expérience, qu’il y ait des lieux et des temps pour ça, de l’altérité communautaire, de l’altérité comme lien, comme base, comme condition de la communauté. C’est l’un des enjeux majeurs de la scénographie : résoudre sans l’abolir le paradoxe de la solitude et de la communauté. Depuis la Renaissance l’imaginaire théâtral vit sous le primat de l’image. Au détriment de la vision, au détriment de la solitude. Une part plus grande des forces imaginantes est investie sur le plateau, accaparée par les créateurs qui spécialisent ces facultés pourtant librement réparties. C’est l’avènement de l’illusion, la fin de l’allusion. Accomplir des lieux qui ne soient pas visiblement beaux, et remettre au public le soin d’inventer cette beauté, comme on invente un trésor. La beauté n’est pas l’oeuvre d’un seul. Elle n’appartient à personne.
    Que l’espace s’ouvre aux yeux comme une question, qu’il se creuse, qu’il se dérobe. Qu’il y ait appel d’air, appel à l’occupation de l’espace par un souffle, par une âme manifestée par le souffle. (Gaston Bachelard, dans " La poétique de l’espace ", cite cette phrase de Charles Nodier : " Les différents nom de l’âme, chez presque tous les peuples, sont autant de modifications du souffle et d’onomatopées de la respiration. " C’est ainsi que l’espace (en tant qu’évidement, mouvement de retrait, recul de la signification) induit, demande, suscite la parole, qu’espace et parole s’induisent mutuellement, s’enchaînent, s’éprouvent l’un par l’autre dans une nécessité réciproque. Pour accueillir la parole, l’espace doit éviter le sens, induire une certaine conformation du sens mais pas encore le sens lui-même. Ce n’est qu’après, sous l’effet du sens émis par la parole, que l’espace peut offrir de se changer, et s’emplir de significations. Il ne résidera plus seulement sur le plateau, objectif, mais se déploiera dans les intervalles qui séparent le visible, l’esprit du spectateur et la parole...

    par Daniel Jeanneteau | 13 avril 2003, 11:20
  3. > DE LA SCENOGRAPHIE

    Mais qu’est ce que devient la ’scénographie urbaine’ avec l’invasion de l’automobile ??
    Ville embellie par un agencement d’espaces accueillant la pratique sociale articulés de façon harmonieuse .. d’accord .. mais au regard des nouvelles contraintes imposées par la pratique automobile quotidienne et en y ajoutant les contraintes (aussi abusives) en relation avec les secteurs protégés et les zppaup ... que reste-t-il à l’envie de créer des espaces propres à la pratique sociale ??
    Outre les actions possibles et vivement conseillées dans les marges des villes, leurs ’franges’, quelles seront les prochains signes d’honnêteté des élus et autres décideurs quant aux aménagements en centre-ville ???
    On revient peu à peu vers une conception du centre en accord avec la pratique des transports en commun et la liberté justifiée des piétons dans leur(s) ville(s) .. ?? .. j’espère ....

    par DuD | 19 février 2004, 17:06
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