A l’occasion du centenaire de la naissance de Adalberto Libera se déroule à Cagliari en Sardaigne un cycle de manifestations sur l’œuvre du maître rationaliste, auteur de la très célèbre villa Malaparte de Capri, toile de fond du « Mépris » de Jean Luc Godard, que d’aucuns qualifièrent à tort de fasciste, confondant la commande et sa façon de l’honorer.
Adalberto Libera (Villa Lagarina, Trento, 1903 - Roma 1963), est parmi les protagonistes majeurs de l’Architecture italienne du 20 ième siècle celui qui a été capable dans l’entre deux guerres d’inventer une stylistique entièrement novatrice. Se confrontant avec les recherches internationales les plus avancée il a fournit la réponse italienne aux expérimentations des Architectes du mouvement moderne : « IL RAZIONALISMO ITALIANO ». Cette école rationaliste en Art et en Architecture constitue aujourd’hui encore une incontournable référence dans le développement des plus importantes théories Architecturales contemporaines.
Cette exposition propose l’approfondissement critique des recherches projectuelles de Adalberto Libera dans sa production d’après guerre. Pendant les années du second conflit mondial , Adalberto Libera profondément touché par la catastrophe se mure dans un silence d’une dizaine d’années durant laquelle il se consacre presque exclusivement à l’étude des typologies de l’habitat dont la production dans les années 50 italiennes sera particulièrement intense. Le centenaire de sa naissance donne aujourd’hui l’occasion d’analyser cette période, ou son expérimentation rationaliste d’avant guerre cède le pas à la réflexion du rapport de l’Architecture avec la société. L’exposition qui comporte plus de 600 pièces pour la plus part inédites s’articule en deux sections distinctes, la première montre des films, photos d’époque et maquettes qui proposent une synthèse de l’œuvre de l’Architecte pendant la période entre les deux guerres. La seconde surtout consacrée à la reconstruction analyse les projets pour la ville de Cagliari à laquelle il fut très lié pour des raisons personnelles, sa femme était Cagliaritaine, et professionnelle, il y réalisa deux projets. En effet quand en 1947 il rejoint le bureau technique de l’I.N.A. en Sardaigne. La situation urbaine de Cagliari est désastreuse. L’intervention de Libera y est significative, il y a aussi des responsabilités de maîtrise d’ouvrage.
Le Pavillon de la Caisse pour le Mezzogiorno à la foire de Cagliari en 1953. destiné aux employés des entreprises actives dans la ville est l’exemple charnière de ses recherches d’après guerre basées sur le rapport entre la structure et la forme caractérisées par une vigoureuse plastique. Fondé à l’origine sur quatre piliers différents ( une déclaration à la géométrie ) surmontés d’une couverture en voile pliée de béton armé, ce manifeste construit subira malencontreusement de graves réaménagements dans l’année 70.
Les Palazzine I.E.E.P sur la via Pessina dans le complexe de la Cité jardin construits de 1950 à 1953, ( à la même époque le Corbusier mettait en œuvre ses théories à la Cité Radieuse de Marseille ) montrent une nouvelle manière de projeter les habitations populaires. Les recherches anthropométriques s’intéressent enfin à la cellule, aux espaces du dedans dessinés autour de l’homme, conçus pour donner « sérénité à l’âme » suivant ses propres termes. Ainsi chaque bloc et cellule devenaient les éléments d’un organisme plus vaste pouvant générer la ville. Mêlant ainsi très simplement avec des moyens économiques modestes , valeur d’usage ( confort ) et valeur symbolique ( recherche ) l’artiste tentait de dessiner le futur en définissant un espace codifié à dimensions humaines , cherchant à renouer ce fil brisé qui relierait enfin la ville à ses habitants.
Cette exposition est fondamentale pour l’Architecture de la péninsule qui s’apprête désormais à revisiter sa culture Architecturale en faisant enfin un indispensable distinguo entre le terrible régime politique qui vit naître la modernité Architecturale et aussi la régression démocratique. Une façon de permettre aux dissidents du Bauhaus de Weimar de rejoindre les supposés complices du régime Mussolinien. Démontrant ainsi que l’Architecture et la politique si congénitalement imbriquées ne dispensent pas les tenants de l’art de bâtir même en des temps difficiles de garder leur libre arbitre, conservant intacte leur vocation critique.
En explicitant ainsi l’apport considérable du maître italien au mouvement moderne international, ce cycle de manifestions vient à point nommer parler de la complète symbiose de la culture Architecturale et de la vie quotidienne de l’Italie Berlusconienne.Un des paradoxes supplémentaires dont nos amis transalpins ont le charmant secret ...
L’année 2004 sera en Italie l’année de la réhabilitation de Guiseppe Terragni dont l’ impensable chef d’œuvre, LA CASA DELL FASCIO DE COMO, a été l’initiateur de la Révolution rationaliste en Architecture.
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A l’ EXMA, 71 Via San Lucifero
Cagliari -Sardaigne
jusqu’au 15 mai 2003
Ouvert du mardi au dimanche de 9.00h à 20.00h
Fermé le lundi.
Renseignements :
tel. 070 666399
exma@tiscali.it

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Bon nombre des documents des expositions proviennent du Centre Pompidou propriétaire de la majorité des œuvres qui furent déjà exposées à Paris il y a deux ans. Cette exposition quittera l ’île le 15 mai pour Rome au début de l ’été.
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Illustration haut de page : détail de la terrasse de la villa Malaparte à Capri.
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