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Apprendre le chantier

SEPT PROPOSITIONS

Pour le requalification de la filière conception


par Guidu Antonietti di Cinarca

Intervention obligatoire de l’Architecte pour tout projet d’ouvrage ?

Sept propositions .


Le code de l’urbanisme conditionne la validité du permis de construire à l’intervention obligatoire de l’Architecte pour tout projet d’ouvrage, la maîtrise d’œuvre peut être confiée à un autre professionnel (exemples : une société chargée de rénover et mener à terme un projet, un bureau d’étude technique auquel on aura confié la maîtrise d’œuvre, ou un maître d’ouvrage délégué ayant reçu la même mission).

Concevoir, coordonner et contrôler la bonne exécution des travaux est souvent la mission de l’Architecte, mais ce dernier ne disposant d’aucun monopole dans ce domaine sous-traite parfois la maîtrise d’œuvre . aROOTS déplore cet état de fait.

Guidu Antonietti di Cinarca expose ici son point de vue sur cette question à l’aide de sept propositions .


1 .Agir sur la formation première des Architectes. D’une part en revalorisant le coût de formation d’un élève Architecte à un niveau au moins égal de celui de la formation d’un élève-ingénieur, école polytechnique incluse. D’autre part en rendant obligatoire pour l’obtention du diplôme un cursus de suivi de chantier dans une agence publique ou privée qui construit ses projets.

2 .Agir sur la formation première des ingénieurs. D’une part en réhabilitant dans leur cursus la notion d’ouvrage d’art. D’autre part en rendant obligatoire pour l’obtention du diplôme : une recherche de mises en oeuvre différentes de matériaux traditionnels par l’application de solutions techniques ingénieuses et innovantes de mises en oeuvre pour répondre au parti et à l’ordonnance imaginée par des Architectes (exemples : trouvez comment réaliser les coques de Jørn Urtzon Architecte de l’opéra de Sydney ou les verrières de Adrien Finsilbert Architecte du musée des sciences et techniques de la Villette).

3 .Encourager et favoriser l’émergence de nombreux spécialistes adéquats et performants en nom propre et par discipline, et non pas en sigle, à l’instar des Eiffel, Prouvé, Esquillan, Fraissinet, Portelatine, Sarger, Mimram, Fruitet, Ferrier, Malinwnosky, Calatrava, Newby, Muller.

4 .Encadrer et sanctionner, la pratique de sous-traitance dans les études techniques dressées par des entités non identifiées et trop souvent sous-qualifiées. Préferer les ingenieurs-conseil indépendants aux bureaux d’études dit techniques.

5 .Refondre le système de l’OPQIBI et le rendre transparent. Mieux définir la HQE, et le développement durable qui sont intrinsèquement des valeurs élémentaires de l’Architecture. Les définir comme "complémentaires" à l’acte de bâtir est une dévalorisation de la discipline Architecturale.

6 .Proscrire l’intervention des bureaux d’études au stade des concours sur esquisse afin d’éviter les marchandages et la présence d’un même bureau au sein d’équipes concurrentes et sanctionner les manquements. Savoir qu’en "préalable", une idée n’a pas encore de prix , son coût étant liberticide à l’invention .

7 .Interdire le choix d’un bureau d’études avant concours qui serait ensuite imposé à l’Architecte lauréat d’une consultation, et réhabiliter la notion de libre association, fondement du droit en matière de conception.


-SYNTHESE-

PAS DE CHANTIER SANS ARCHITECTE

On a toujours voulu voir dans la formation des Architectes, une valorisation excessive de la fonction créative, façon d’ironiser sur une soi-disant impréparation à affronter les réalités techniques, donc économiques. Des années de crise sévère ont rendu cette confortable idée caduque. En réalité sous la pression des événements, en devenant meilleurs techniciens, les Architectes ont opéré une vraie révolution culturelle. Tendus sur les stricts aspects économiques de l’acte de bâtir on oppose souvent aux Architectes, leur vocation exclusivement culturelle, pour justifier leur éviction au profit de "professionnels compétents" qui assumeraient à leur place les spécificités techniques pour lesquelles ils seraient inefficients. Voilà où se situe la mystification, elle conduit à ignorer la mission essentielle de synthèse des éléments d’un projet. Aucun responsable conscient ne peut ignorer qu’elle n’est valablement assurée que par le concepteur lui-même tout simplement, parce qu’il est l’auteur du projet. Il n’y a donc pas lieu d’opposer fonction technique à fonction culturelle ou "artistique", elles sont indissolublement liées. Il suffit simplement d’en fixer l’ordre hiérarchique. Ainsi comment de tout ce foin gaspillé faire jaillir un bon grain ? Au lieu de geindre sans cesse en s’inventant des usines à gaz au cyber-pétrol, et plutôt que de s’inscrire dans le sillage de prédateurs cyniques, osons dire simplement "je suis Architecte, mon rôle consiste à dresser le projet dans toutes ses dimensions : sociales, culturelles, artistiques, fonctionnelles, techniques et économiques. J’ai le devoir de mener le projet à terme, j’en exécute donc toutes les phases, et je me donne tous les moyens de le faire, je suis tout particulièrement attentif à sa réalisation, le chantier est ma vraie vocation.

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Images : photographies d’un chantier actuellement en cours de réalisation dirigé par

Fabienne MAGNAN Architecte.

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LES FEMMES DANS LA PROFESSION D’ARCHITECTE




Mise en ligne le vendredi 16 mai 2003 par di Cinarca
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