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15. ODE AU LABYRINTHE




Tandis qu’Ariane insensible à l’outrage

Emplissait sa pelisse de prophéties probables,

Les sirènes en révolte armaient leurs sarbacanes.

Tous ces palabres clabaudant dans les vagues,

Pour Minotaure composaient une musique océane ;

Mais comme il fallait bien ordonnancer l’édifice,

Thésée embusqué dans de nombreux redans

Prononça le nom d’un Artiste lucide,

Ce maître excédé par les propos putrides

Des marchands de carrés maquillés en losanges,

S’en vint finalement juché sur un radeau,

Pour arpenter le plus justement possible

Cet espace du dedans,

Trop bien enspiralé et faussement affable.

Son esquif, paré de part en part

De sabres médiévaux faisant entretoises,

S’engouffra silencieusement dans le labyrinthe,

Et c’est en halant son chaland précaire

Qu’il découvrit des graduations sur le fil interminable.

Aujourd’hui encore on peut l’apercevoir

Dévidant sans relâche son incommensurable toise

Toujours au prise avec l’Homme-taureau,

En train de chercher parmi les méduses humides

Les chants incertains qui ont fait dériver son bateau.


"Théorème N°10"

GA/2000 aquatinte numérique originale



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Mise en ligne le vendredi 4 juillet 2003 par di Cinarca
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