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Maîtres de la Renaissance


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Leon Battista ALBERTI Architetto Fiorentino

suivant Giorgio VASARI

Forum Architecture


Leon Battista ALBERTI Architetto Fiorentino



par Guidu Antonietti di Cinarca

aROOTS VOUS OFFRE UNE CURIOSITE : LA BIOGRAPHIE DU GRAND ARCHITECTE LEON BATTISTA ALBERTI, UN DES PREMIER THEORICIEN DE L’ART DE CONSTRUIRE, LE PRECURSEUR DE LEONARD DE VINCI, ECRITE PAR VASARI.

Giorgio Vasari Peintre et Architecte de la Renaissance (Arezzo-1511//Florence-1574 ) devint à partir de 1553, « Régisseur des Arts » du grand-duché de Toscane. On peut le considérer comme l’un des « fondateur » de l’histoire de l’art. Dans son ouvrage saisissant et innovateur de 1550, les Vite ( Les vies ) il retrace la vie de nombreux artistes.

La traduction en Français est imparfaite mais elle tente de restituer le style florentin de l’époque qui n’était plus du latin et pas encore l’italien d’aujourd’hui.


... Leon Battista Alberti, Architetto Fiorentino 1404 / 1472 est plus connu pour ses écrits que pour les ouvrages de sa main ...Il suivit son penchant naturel qui le portait à écrire plutôt qu’à réaliser des choses lui-même...

Giorgio Vasari 1550


Les artistes qui recherchent la compagnie des livres en retirent de grands bénéfices, tout particulièrement les peintres, sculpteurs et Architectes. Les connaissances acquises par la lecture nourrissent la créativité chez les Artistes ; et, quelque soit leur talent naturel, leur jugement sera pris en défaut s’ils ne peuvent s’appuyer sur la connaissance des lettres. Tout le monde sait, par exemple, que pour choisir un site approprié à la construction d’un nouvel édifice, un Architecte doit tenir compte de ce que les sciences de la nature peuvent lui enseigner pour évaluer la gravité des vents pestilentiels, l’insalubrité de l’air, les vapeurs et les émanations fétides des eaux stagnantes. Nous savons tous également, que lorsque l’Architecte qui connaît bien son métier, doit pouvoir exercer son choix selon son jugement propre, sans s’en remettre aux théories d’autrui qui sont de peu d’utilité lorsqu’elles sont séparées de la pratique. Mais advienne que la théorie et la pratique coïncident, rien ne nous saurait être plus utile, puisque l’art, tempéré par la science, atteint une plus grande perfection et une plus grande richesse. Les conseils et les écrits des artistes sont une meilleure ressource que les paroles et les oeuvres, peu importe qu’elles soient bien ou mal exécutées, de ceux qui ne possèdent que la pratique et l’exercice de leur métier.

Tout ceci est manifeste chez Leon Batista Alberti, lequel s’appliqua à l’étude du latin, de la pratique de l’Architecture, de la perspective et de la peinture et qui nous a laissé une série de livres écrits de sa main. Nul parmi les artistes de notre époque n’a su écrire à propos de son art, malgré que nombre d’entre eux furent de meilleurs Artistes qu’Alberti. Telle fut l’influence de ses ouvrages sur les écrits et les discours des doctes savants, qu’on l’estime généralement supérieur à ceux, qui en fait, lui étaient supérieurs. L’expérience montre donc, qu’en ce qui a trait à la gloire et la réputation, les écrits confèrent une grande et durable influence ; pour autant qu’ils soient honnêtes et exempts de mensonges, les livres circulent en tous lieux et obtiennent facilement la faveur de ceux qui les lisent.

Il n’est donc pas surprenant que le célèbre Leon Batista Alberti soit plus connu pour ses écrits que pour les ouvrages de sa main. Il est né à Florence, au sein de la noble famille des Alberti, que j’ai évoqué ailleurs. Il voua son existence à découvrir le monde et à étudier les proportions des oeuvres du monde antique ; mais par-dessus tout, il suivit son penchant naturel qui le portait à écrire plutôt qu’à réaliser des choses lui-même.Il fut un mathématicien et un géomètre accomplis et il rédigea en latin un traité d’Architecture en 10 volumes qu’il publia en 1481, dont on peut lire aujourd’hui une traduction en langue florentine par le réverend Cosimo Bartoli, prévôt de San Giovanni de Florence. Il écrivit également un traité en trois livres sur la peinture traduits en toscan par Ludovico Domenichi. Il publia un traité sur la traction et sur les règles qui permettent de calculer les hauteurs, ainsi qu’un ouvrage sur la vie civique et quelques écrits érotiques en prose et en vers. Il fut le premier à utiliser la prosodie latine pour des vers écrits en langue vulgaire, comme on le peut voir dans cet épître :

« Je vous fais parvenir cette misérable épître

À vous qui nous traitâmes si misérablement »


Le premier séjour de Leon Battista à Rome coïncida avec le pontificat de Nicolas V, qui avait mis la ville sans dessus dessous avec ses nombreux projets de construction, et grâce aux bons offices de son ami Biondo da Furlì, il fut introduit auprès de sa Sainteté. Nicolas V s’était précédemment attaché les services du sculpteur et Architecte florentin Bernardo Rossellino, comme je le dirai dans la vie de son frère Antonio. Après que Bernardo eut entrepris la restauration du palais des Papes et d’autres travaux à Santa Maria Maggiore, selon les souhaits du pape, il s’enquit régulièrement auprès de Leon Battista pour obtenir conseil. Nicolas V, mettant à profit les recommandations d’Alberti pour mener à bien des travaux exécutés par d’autres, fit nombres de travaux utiles et dignes de louange. C’est ainsi qu’il fit restaurer la conduite de la fontaine de l’Acqua Vergine et fit construire la fontaine de Trevi, où l’on peut encore voir dans l’ornementation en marbre les armes du pontife et celles du peuple romain.

Par la suite, Alberti se rendit auprès de Sigismondo Malatesta, à Rimini, où il réalisa une maquette de l’église de San Francesco, notamment de la façade de marbre, de même que l’arcade percée de grandes arches orientée vers le Sud et qui contient les sépultures des hommes illustres de cette ville. L’ouvrage d’Alberti atteint une telle réputation que l’église San Francesco devint un des temples religieux les plus célèbres d’Italie. Elle contient six magnifiques chapelles, dont l’une, dédiée à saint Jérôme, est richement ornée et contient plusieurs reliques provenant de Jérusalem. Cette chapelle abrite également les sépultures de Sigismondo et de sa femme, qui furent bâties en marbre en 1450 ; au-dessus d’une des tombes, on peut voir le portrait de Sigismond et dans une autre partie de cette oeuvre, celui de Leon Battista. Puis en 1457, l’année où l’Allemand Johann Gutenberg trouva sa fort utile méthode pour imprimer des livres, Alberti mit au point un système pour tracer des perspectives naturelles et réduire proportionnellement les figures selon la distance, de même qu’une méthode pour reproduire de petits objets sur une grande échelle ; toutes inventions fort ingénieuses et utiles aux artistes.

À l’époque de Leon Battista Alberti, Giovanni di Paolo Rucellai voulut faire construire la façade de Santa Maria Novella, tout en marbre, à ses frais. Il consulta Alberti qui était un de ses amis. Ce dernier lui offrit non seulement ses conseils mais lui remit également un plan : Rucellai décida finalement d’en faire un mémorial pour lui-même. On entreprit donc les travaux qui furent complétés en 1477, à la grande satisfaction du peuple qui apprécia particulièrement la porte : on constate ainsi qu’Alberti ne ménagea aucun effort pour ce projet.

Pour Cosimo Rucellai, Alberti conçut les plans du palais qui fut construit sur la rue que l’on appelait la Vigna, ainsi que la loggia qui fait face au palais. Dans cette loggia, il appliqua les arches par-dessus les colonnes étroitement espacées ainsi que par-dessus les encorbellements, de manière à avoir une série d’arches à l’extérieur auxquelles répond un motif semblable à l’intérieur. Il fit preuve en cette occasion de manque de jugement et de faiblesse dans la conception, corroborant par là que le savoir théorique doit être accompagné par l’expérience : nul ne saurait développer un jugement parfait sans confronter ses connaissances à la pratique.

On dit qu’il exécuta également le dessin de la maison et du jardin appartenant à la famille Rucellai dans la Via della Scala. Le bâtiment témoigne d’un goût très sûr et offre maintes commodités, entre autres deux loggias, une faisant face au sud et l’autre à l’ouest, toutes deux magnifiques et construites sans arches entre les colonnes. Ce qui est la vraie et bonne méthode telle qu’elle était employée dans l’Antiquité : il est impossible de faire reposer les quatres coins d’une arche sur le chapiteau d’une colonne ronde sans les faire saillir, alors qu’on peut fort bien poser une architrave le long des chapiteaux d’une colonnade. En fait, le respect des bons principes de construction impose l’usage d’architraves au-dessus des colonnes, et si l’on doit faire usage d’arches, celles-ci devraient reposer sur des pilastres plutôt que sur des colonnes.

Pour la famille Rucellai, Alberti conçut également, dans un style semblable, une chapelle à San Pancrazio qui repose sur de larges architraves supportées par deux colonnes et deux pilastres en saillie sur le mur de l’église en contrebas : c’est une des meilleures oeuvres de l’architecte. Au milieu de cette chapelle se trouve une tombe en marbre de la forme d’un ovale allongé et ressemblant, selon ce qui a été écrit à ce sujet, au sépulcre de Jésus-Christ à Jérusalem.

À cette époque, Ludovic de Gonzague, marquis de Mantoue, décida de faire construire d’après les plans et les modèles d’Alberti, la tribune de la principale chapelle de l’église Servite de l’Annunziata à Florence. Il fit donc démolir une chapelle carrée située à la tête de ladite église, qui était vieille et petite, et décorée à la manière ancienne. La nouvelle tribune qui fut construite à sa place était une construction ingénieuse et difficile, un temple circulaire ceinturé de neufs chapelles, reliées par des arches et dans lesquelles se trouvaient des niches. Les arches au-dessus de l’entrée des chapelles, appuyées sur des pilastres décoratifs, devaient s’adapter à la forme concave de la tribune, incurvées - comme on peut le voir - selon un plan opposé différent de celui de la tribune. Ce qui signifie que si vous jetez un coup d’œil sur les arches elles semblent se projeter vers l’avant, ce qui produit un effet disgracieux même si, en vérité, les règles ont été respectées et qu’il s’agit d’un exploit fort audacieux. Il est vrai que si Leon Battista s’était abstenu de cette pratique, le résultat en eut été meilleur, car c’est une disgrâce aussi bien pour les petites que les grandes choses et qu’il est très difficile de bien réussir une telle entreprise. Dans les parties les plus larges, telle la grande arche d’entrée de la tribune, l’effet est splendide depuis la nef, mais vue de l’intérieur, où l’arche doit suivre la courbe du mur de la tribune, elle semble inclinée et cela est fort disgracieux. Peut-être qu’Alberti n’eut pas été tenté de recourir à cette solution si son expérience et sa pratique avaient été à la mesure de son savoir théorique. Un autre aurait fui une telle difficulté et se serait contenté de chercher plutôt la grâce et la beauté. Hormis cette considération, l’ouvrage est fort beau, d’une grande ingéniosité et complexité, et Alberti fit montre d’une grande audace en son temps en construisant la tribune de cette manière.

À la même époque, le marquis fit venir Leon Battista à Mantoue où il réalisa une maquette pour l’église Sant’Andrea et quelques autres projets. Voyageant de Mantoue à Padoue, on peut voir plusieurs temples construit suivant la manière d’Alberti. Plusieurs dessins et modèles de Leon Battista furent exécutés par Salvestro Fancelli, un architecte et sculpteur florentin raisonnablement doué, qui réalisa selon les volontés de Leon Battista les travaux que ce dernier avait entrepris à Florence. Pour ses travaux à Mantoue, Alberti employa un florentin nommé Luca Fancelli, qui s’établit dans cette cité et laissa son nom, suivant Filarete, à la famille Luchi, qui y réside encore aujourd’hui. Alberti fut fortuné de pouvoir compter sur de tels amis qui le comprenaient, et avaient la capacité et le désir de le servir, parce que les architectes ne sont pas toujours en mesure de réaliser leurs oeuvres, et c’est une grande aide s’ils peuvent trouver quelqu’un qui les exécute loyalement et avec dévotion : et si d’aucuns ne le savent, je le sais pour l’avoir péniblement éprouvé moi-même.

En peinture, Alberti n’accomplit aucune oeuvre d’une importance ou d’une beauté significative. Les très rares peintures de sa main qui ont survécues sont loin de la perfection ; ce qui n’est pas étonnant puisque qu’Alberti consacra ses efforts à l’étude plutôt qu’au dessin. Néanmoins il sut traduire efficacement ses idées dans ses dessins, ainsi qu’en font foi quelques dessins de lui que j’ai dans mon livre, qui montrent le Ponte Sant’Angelo et le recouvrement en forme de loggia qu’il conçut pour protéger du soleil en été, de la pluie et du vent en hiver. Cet ouvrage lui avait été commandé par le pape Nicolas qui avait l’intention d’entreprendre des travaux similaires partout à Rome, mais dont la mort vint s’interposer dans ces projets. Il y a un ouvrage de Leon Battista qui se trouve dans une petite chapelle dédiée à Notre Dame, sur l’accotement du Ponte alla Carraia à Florence : il s’agit d’un escalier d’autel décoré de trois saynètes avec des perspectives, qu’il parvenait bien mieux à décrire avec sa plume d’écrivain qu’avec ses pinceaux. De même, on peut voir à Florence dans la maison de la famille Palla Rucellai, un portrait de lui-même peint à l’aide d’un miroir, ainsi qu’un tableau rempli de figures assez grandes, traitées en clair-obscur. Il a peint également une vue en perspective de Venise, avec Saint Marc, mais les personnages qu’on y voit sont le fait d’autres maîtres ; cette oeuvre est une des meilleures peintures d’Alberti.

Leon Battista fut une personne hautement civilisée et d’une grande culture, ami des hommes de talent, affable et libéral envers tous : il vécut honorablement comme le gentilhomme qu’il était. Finalement, ayant atteint l’âge de la maturité, content et l’âme tranquille, il nous quitta pour une vie meilleure, laissant derrière lui le nom le plus honorable et le plus réputé.


SUR GIORGIO VASARI


Une plus brève biographie de Leon Battista Alberti

D’après Frédéric Bayart

Par sa triple activité de mathématicien, Architecte, et poète, il est une des figures marquantes de la Renaissance italienne, un homme universel précurseur de Léonard de Vinci.

Leon Batista Alberti est né le 18 février 1404 à Gènes. Son père un noble florentin donne à son fils la meilleure éducation humaniste possible. Il étudie la littérature latine, puis le droit à l’Université de Bologne dont il devient docteur en 1428.

En 1432, Alberti s’établit à Rome, où il devient secrétaire à la chancellerie du pape. Son travail consiste à réécrire la biographie des Saints, dans le latin le plus élégant possible. Alberti profite de son séjour à Rome pour étudier l’architecture ancienne.

En 1434, il s’installe à Florence, où il s’investit dans l’activité culturelle de la ville : il écrit des poèmes, et tente de populariser l’usage de l’italien à la place du latin. Il s’intéresse alors à la représentation en 3 dimensions des objets, à partir des travaux de Brunelleschi.

En 1436, il publie le 1er traité général sur la perspective, Della Pittura, qui deviendra une référence pour des générations de peintres.

Alberti est principalement connu comme architecte. Il travaille d’abord sur l’architecture contemporaine d’un point de vue théorique. Dans son traité De Re Aedificatoria, il pose en 10 volumes les jalons essentiels de l’architecture de la Renaissance.

Pour Alberti, les mathématiques, le cercle, les rapports de mesure (en particulier la divine proportion, ou nombre d’or), sont le fondement de la beauté. A l’ avènement du pape Nicolas V, en 1447, Alberti devient le conseiller principal en architecture de l’église. Il initie alors la reconstruction de la place Saint-Pierre, la réalisation de la façade de l’église San Francisco à Rimini. Toutefois, Alberti s’en tient à la réalisation des plans, et n’interviendra jamais sur le chantier.

Alberti meurt la 3 avril 1472 à Rome.



P.-S.

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