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Initiation à l’aRchitecture aROOTS NOTeBOOK
Latin

Vitruve

Architecte romain


par Guidu Antonietti di Cinarca

" L’œuvre de VITRUVE , contrairement à celles des hommes de la Renaissance à qui elle servait également de curriculum vitae et de catalogue, est pure de toute intention mercantile. Il écrit pour transmettre ce qu’il a reçu des anciens auxquels il se réfère constamment. C’est au sens littéral du terme l’œuvre fraternelle d’un vieux maçon. Il traite aussi bien du décor d’un chapiteau, de la fresque que du traitement des eaux ou de l’urbanisme. Il nous dit comment et à quelle époque couper les arbres et nous enseigne à préparer la pourpre. "

C’est parce queaROOTS fier de son éclectisme tente modestement d’en faire autant, qu’il vous est donné à lire un rapide aperçu de VITRUVE, artisan essentiel des racines de l’Architecture .


SA VIE

Vitruve en latin Marcus Vitruvius Pollio (v. 70 av. J.-C.-v. 25 av. J.-C.) est probablement né à Formiae (l’actuelle Formia) en Italie. Il fut ingénieur d’ artillerie au service de l’empereur romain Auguste. Cet Architecte romain du I° siècle avant notre ère, est l’ auteur du célèbre traité « De architectura » où il décrit l’état de l’Architecture de son époque, ainsi que de nombreux bâtiments du monde romain. C’est l’un des nombreux constructeurs de l’époque de Jules César. Il nous a laissé avec ses dix livres d’ Architecture un témoignage sur l’art de son époque ( il n’existait pas de distinction entre l’artisan et l’artiste), et un traité d’harmonie entre l’homme et les lois immuables de la nature Ses 10 livres dédiés à Auguste, sont le seul traité antique qui nous soit parvenu sur ce sujet. Il servit de fondement théoriques aux Architectes de toutes les époques. Son ouvrage fut très utilisé, notamment à partir de la Renaissance : il eut une influence considérable sur l’art de bâtir de Leon Battista Alberti et Andrea Palladio.

SA PENSEE

Pour lui déjà les idées et les religions étaient éphémères, alors que les lois de l’équilibre du monde et celles de la géométrie cosmique, immuables . Elles ont dans leur permanence, l’avantage d’unir les hommes qui en expliquant l’harmonie du monde recherchent le modèle de leur équilibre intérieur. Sa pensée se dégage avec évidence d’ une œuvre simple et universelle sans la quelle Leonardo da Vinci n’aurait pas existé ., Son pragmatisme à observer la nature lui permit d’en respecter les lois, de les fonder comme telles . Un discours spéculatif même séduisant est illusoire , une construction n’est pérenne que si les règles qui la générent sont vérifiées comme exactes . Art de bâtir ou science du construit ? Une pensée toujours actuelle .

La Rome de son époque avait de nombreux Dieux à qui l’on élevait des autels en tenant compte de leur spécificité, de leur valeur d’usage pour la vie quotidienne. La pluralité était génératrice d’une pensée libre, dialectique. En leur construisant des temples on aidaient les Dieux à remplir leurs fonctions pour les mortels , on se rapprochait d’eux. On tentait l’immortalité . On donnait à l’Architecture sa dimension symbolique, donc humaine.

Voici ce qu’il en dit : "La convenance que requiert la nature des lieux, consiste à choisir les endroits où l’air et les eaux sont les plus sains pour y placer les temples, principalement ceux qu’on bâtit au dieu Esculape, à la déesse Santé et aux autres divinités, par qui l’on croit que les maladies sont guéries ; car, par le changement d’un air malsain à un air salutaire, et par l’usage de meilleures eaux, les malades pourront se guérir plus aisément, ce qui augmentera beaucoup la dévotion du peuple, qui attribuera à ces divinités la guérison qu’il doit à la nature salutaire du lieu."

SON ŒUVRE

Son ouvrage consacré à l’Architecture, « De architectura » (redécouvert en 1414), formé de dix livres, constitue la plus ancienne somme sur le sujet : tiré d’anciens traités hellénistiques, l’ouvrage, très complet, aborde des sujets divers, notamment l’ingénierie, les systèmes sanitaires, l’hydraulique, les vases acoustiques, etc. Les écrits de Vitruve ont fait l’objet de nombreuses études depuis la Renaissance, les artistes et les chercheurs voyant dans cette somme théorique une possibilité de mieux appréhender l’art antique dans ce qu’il éclaire le monde d’ aujourd’hui. Vitruve propose comme modèle de proportion le corps de l’homme. Car l’homme, partie intégrante de l’univers ordonné, est un élément en réduction de ce cosmos, un microcosme. Les proportions de son corps sont une des manifestations de cette mise en symétrie de l’ordre cosmique, de son harmonie. Il reprend ainsi a son compte les idée de Platon dans le Timée .

Son œuvre est le trait d’union entre la pensée antique et la Renaissance. Comme si l’antiquité romaine avait permis aux temps modernes de se déployer dans une complète ininterruption culturelle qui au troisième millénaire, autorise encore le monde méditerranéen à renouer le fil conducteur d’une civilisation humaniste chère à Fernand Braudel et explicitement critique de la mondialisation acculturée .


SES ECRITS, BREFS EXTRAITS :

 Des disciplines à connaître

"...L’étude de la philosophie sert aussi à rendre parfait l’architecte qui doit avoir l’âme grande et hardie...

...Pour ce qui est de la musique, il doit y être consommé, afin qu’il sache la proportion canonique et mathématique, pour bander comme il faut les machines de guerre, comme balistes, catapultes et scorpions, dont la structure est telle, qu’ayant passé dans deux trous par lesquels on tend également les bras de la catapulte, et dont l’un est à droite et l’autre est à gauche, aux chapiteaux de ces machines, des câbles faits de cordes à boyaux que l’on bande avec des treuils ou cabestans et des leviers, l’on ne doit arrêter ces câbles pour mettre la machine en état de décocher, que quand le maître les entend d’un même ton, quand on les touche, parce que les bras que l’on arrête après les avoir bandés doivent frapper d’une égale force, ce qu’ils ne feront point s’ils ne sont tendus également, et il sera impossible qu’ils poussent droit les traits qu’ils doivent lancer. La connaissance de la musique est encore nécessaire pour savoir disposer les vases d’airain que l’on met dans les niches sous les degrés des théâtres, et qui doivent être placés par proportion mathématique, selon la différence des sons qu’ils ont en retentissement (appelé echeia en grec), et doivent aussi être faits suivant les symphonies ou accords de musique, et pour cela avoir différentes grandeurs tellement compassées et proportionnées les unes aux autres, qu’ils soient à la quarte, à la quinte ou à l’octave, afin que la voix des comédiens frappe les oreilles des spectateurs avec plus de force, de netteté et de douceur. Enfin les machines hydrauliques et la structure d’autres instruments semblables ne peuvent être comprises sans la science de la musique...

Il faut aussi que l’architecte ait connaissance de la médecine pour savoir quelles sont les différentes situations des lieux de la terre, lesquels sont appelés climata par les Grecs, afin de connaître la qualité de l’air, s’il est sain ou dangereux, et quelles sont les diverses propriétés des eaux ; car, sans la considération de toutes ces choses, il n’est pas possible de construire une habitation qui soit saine... "

L’ astronomie lui servira aussi pour la confection des cadrans solaires par la connaissance qu’elle lui donne de l’orient, de l’occident, du midi et du septentrion, des équinoxes, des solstices et du cours des astres..."

 Des édifices sacrés

"...L’ordonnance d’un édifice consiste dans la proportion qui doit être soigneusement observée par les architectes. Or, la proportion dépend du rapport que les Grecs appellent analogie ; et, par rapport, il faut entendre la subordination des mesures au module, dans tout l’ensemble de l’ouvrage, ce par quoi toutes les proportions sont réglées ; car jamais un bâtiment ne pourra être bien ordonné s’il n’a cette proportion et ce rapport, et si toutes les parties ne sont, les unes par rapport aux autres, comme le sont celles du corps d’un homme bien formé...

Le corps humain a naturellement et ordinairement cette proportion, que le visage qui comprend l’espace qu’il y a du menton jusqu’au haut du front, où est la racine des cheveux, en est la dixième partie. La même longueur est depuis le pli du poignet jusqu’à l’extrémité du doigt qui est au milieu de la main ; toute la tête, qui comprend depuis le menton jusqu’au sommet, est la huitième partie de tout le corps. La même mesure est depuis l’extrémité inférieure du col par-derrière. Il y a depuis le haut de la poitrine jusqu’à la racine des cheveux une sixième partie, et jusqu’au sommet une quatrième. La troisième partie du visage est depuis le bas du menton jusqu’au dessous du nez : il y en a autant depuis le dessous du nez jusqu’aux sourcils, et autant encore de là jusqu’à la racine des cheveux qui termine le front... "

VITRUVIUS Architecture, ou Art de bien bastir traduit en français par Jean Martin


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Mise en ligne le lundi 5 janvier 2004 par di Cinarca
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