Proposé par Guidu Antonietti di Cinarca
« Quand j’ai lu pour la première fois "Les pierres sauvages" de Fernand Pouillon , je ne pouvais ôter de mon esprit des images, des plans et des séquences. Mais il n’est pas question d’illustrer le texte par des images mouvantes ou fixes, il s’agit d’analyser l’ouvrage et l’adapter pour lui donner un sens nouveau ou son propre sens caché. C’est une démarche ambitieuse et sans doute prétentieuse et je n’affirme pas pouvoir la mener à terme. Quoi qu’il en soit j’emprunte ce chemin comme un sentier initiatique où chaque étape est enrichissante même si les étapes suivantes sont d’une accessibilité incertaine. L’ambition suprême serait alors d’aboutir à une scénographie traduisant la sémantique mise en place. »
aROOTS EST FIER DE PUBLIER ICI A TITRE POSTHUME DES EXTRAITS D’UN OUVRAGE EN QUETE D’EDITEUR ECRIT EN 1996.
« Après la lecture et l’analyse théorique de "Les pierres sauvages" de Fernand Pouillon , mon souhait était de mettre en œuvre une sorte de story-board pour tenter de définir une esthétique graphique et visuelle adaptée à l’écriture d’un scénario. Plus exactement il s’agirait ici de concevoir un dispositif scénographique ou scénoplastique traduisant la pensée du scénario. Dans une forme moins esthétique, j’ai à l’esprit le film de Peter Greenaway "Prospero’s Book" d’après "La Tempête" de Shakespeare. Il est donc évident que la présentation à l’Ecole d’Architecture de Clermont-Ferrand de ce sujet de recherche ne sera que la présentation d’une étape intermédiaire. Soit de la première phase, soit plus probablement l’ensemble des phases du triptyque analyse théorique / analyse dramaturgique / scénographie, mais dans une version ébauchée. J’entends par-là que je considère toujours ce travail initiatique comme un projet à long terme qui nécessite une maturité de ma part pour le mener à son terme, quand bien même j’y réussirais. Toutefois, comme le précise Dominique Troisville dans un courrier récent qu’il m’a adressé , " il s’agit, dans un souci de méthode, d’extirper à l’œuvre un trait, un particularisme, qui ensuite sera développé au sein d’un projet "mise en scène / scéno". Car il s’agit bien ici de rentrer dans un cadre projétatif conforme aux attentes du Certificat d’Etudes Approfondies en Architecture et Scénographie de Clermont-Ferrand auquel je soumettrai ce projet. Mon choix personnel concernant l’œuvre littéraire de l’Architecte Fernand Pouillon a donc plusieurs raisons d’être et de nombreux avantages égocentriques. D’une part je satisfais ma soif d’exploration théorique sur l’œuvre (au sens large) d’un Architecte exceptionnel récemment redécouvert par un public de plus en plus large. D’autre part, j’use de l’opportunité offerte pour me lancer dans une aventure que je n’osais espérer car sans doute je la redoutais. Pour employer une expression un peu triviale "je joins donc l’utile à l’agréable".
Longtemps je me suis demandé si ce sujet se prêtait aux attentes de CEAA, et c’est en rédigeant mon rapport d’activité que j’en ai eu la conviction. Ainsi, le débat sur l’opportunité du rôle du scénographe m’a permis de réaliser que la frontière était mince entre la mise en scène et la création scénographique. La raison est simple, la scénographie doit donner sens au texte. Mais n’est-ce pas le rôle de la mise en scène ? Alors ne nous trouvons-nous pas devant une création bicéphale ? Cette notion de couple créateur a déjà été évoquée dans mon rapport d’activité et là où le dilemme est plus intense c’est quand le scénographe doit être également metteur en scène. En somme, il doit concevoir un univers scénographique ou scénoplastique qui soit absolument fidèle à sa vision d’une adaptation dramatique.
Dans la note de quatrième de couverture de l’ouvrage "Les pierres sauvages" aux éditions du Seuil, le roman est présenté comme "le journal du maître d’œuvre qui, au douzième siècle, édifia en Provence l’Abbaye du Thoronet, exemple d’architecture cistercienne". Il s’agit donc bien ici de l’évocation romancée des origines de l’abbaye ; Pouillon a préféré la langue du récit à celle de document scrupuleux. Toutefois c’est bien à un édifice construit et marquant dans l’histoire cistercienne que l’auteur s’est intéressé.
J’entends par-là qu’il nous est alors offert deux pistes d’analyse et de recherche scénographique. Soit la possibilité, à partir d’une nouvelle adaptation théorique de l’œuvre, d’imaginer totalement un univers scénographique servant cette théorie, soit au contraire rester fidèle à l’auteur dans la rigueur d’approche du sujet, et procéder avec un mélange d’historicité fidèle et d’imagination créatrice sans dénaturer l’objet central de nos pérégrinations. Simplement, à l’image du maître d’œuvre, imaginer de manière graphique les différentes étapes de la construction qui nous mèneront vers "l’Omega". »
G.AdC

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Crédit photographique : ( DR )
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