Longtemps il a cheminé sur le coté ombre de la rue avec la conviction sourde que le travail restait à faire. Et il le fait avec le simple courage de l’ordinaire des jours. Voir Chandigharh et Brasilia avec ses yeux, lire Philibert De l’Orme et Léon Battista Alberti. Interpeller Asplund, François Mansart ou Jules Hardouin. Photographier Pouillon dans la lumière de Provence et penser au même dans celle de Tipasa. Imaginer digne pour le logement social sans faire misérable conceptuellement. Evaluer Soler à l’aune des tenants de la troisième ville. Combattre ceux de la ville générique et ferrailler avec ses contemporains lucides, relève de la minima moralia très indispensable à la pratique de son art. C’est ainsi qu’il vit. Age tendre, il est fait du bois dont on use pour charpenter sa conscience et sait que vouloir contrôler son Architecture, sans se doter des moyens de contrôler sa production bâtie, relève de l’utopie. Il tutoie la mort intime et Richard Neutra, dans un improbable construire pour survivre, tandis que son double est calé actif en catalyseur objectif des concepts du groupe, réponse subjective aux défis de l’époque. Elle n’est pas tendre pour les hommes de culture à qui elle préfère les hussards suppôts des puissances d’argent. Ces forces occultes ignorent tout simplement les réponses appropriées aux tourments du moment. Preuves : elles ne savent bâtir que des cages à coqs, et s’étonnent du feu qui sera mis ce soir dans le fracas des sons. A qui doit- on confier le coté ensoleillé de la rue ?
Michel Antonietti
Prochainement , une autre aRCHI attitude...
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