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Initiation à l’aRchitecture aROOTS NOTeBOOK
Légende

Hiram

Architecte du temple de Salomon


par Guidu Antonietti di Cinarca

Il existe deux " Hiram " dans les Ecritures. Ce nom peut s’écrire sous deux formes différentes " Hiram " ou "Huram" :
- le roi de Tyr qui envoya des hommes et des matériaux à Jérusalem pour construire le palais pour David et le temple de Salomon
- l’Architecte et ingénieur du temple de Salomon envoyé par le roi Hiram à Salomon. La franc-maçonnerie moderne, qui déclare être l’héritière des antiques confréries de "bâtisseurs de cathédrales" se réfère encore à ce personnage de légende.

On lira ici une brève évocation du maître d’œuvre du Temple de Salomon.


Ce compagnon dit la tradition fut engagé par le roi Salomon sur le chantier du Temple. Le personnage est à l’origine d’une légende dont on ne trouve pourtant aucune référence explicite dans la Bible. Le nom d’Hiram cependant apparaît dans l’Ancien Testament dans les Livres des Rois et des Chroniques en ces termes "fils d’une veuve, de la branche de Naphtali. Son père est un homme de Sor, artisan du bronze. Il est plein de sagesse, de discernement et de pénétration pour faire tout ouvrage de bronze", puis rien d’autre.

La Porte du Temple


Les francs maçons prétendent que Hiram travailla sept ans à l’édification du Temple. Ses ouvriers étaient répartis en trois rangs : apprentis, compagnons et maîtres. Chaque groupe avait un mot de passe permettant de recevoir un salaire adapté. Les travaux étaient presque achevés quand trois compagnons impatients de s’arroger les attributions du maître se placèrent chacun à une porte du Temple.


 Le premier demanda à Hiram le mot de passe nécessaire au franchissement du seuil, celui ci répondit qu’il n’était pas possible de l’obtenir ainsi, et qu’il fallait avoir la persévérance d’attendre le moment opportun. Le compagnon frappa alors l’Architecte au cou à l’aide d’une règle - cette blessure dit on symbolise la mort physique d’Hiram.

 Le deuxième compagnon ayant obtenu la même réponse porta sur le sein gauche du maître un puissant coup d’équerre - c’est la mort sentimentale d’Hiram.

 Vacillant, l’Architecte se dirigea alors vers la troisième porte et vit le troisième compagnon. Celui ci lui posa la même question. Il obtînt la même repartie. Le coup de maillet que le compagnon lui porta sur le front acheva son agonie - cette -troisième mort- correspond à la mort mentale d’Hiram.

Les meurtriers se demandèrent alors mutuellement, la parole du maître, qu’aucun d’eux n’avait pu obtenir. Il ne la surent jamais. Comprenant l’inanité de leur crime, ils plantèrent à l’endroit où ils avaient inhumé Hiram un rameau d’acacia, arbre de vie, grâce auquel les émissaires de Salomon purent honorer sa mémoire .

Cette légende marqua fortement la symbolique maçonnique. Les adeptes de cette société secrète firent de Hiram à partir du XVIII siècle la clef essentielle de leur loges soucieuses de perpétuer un rituel autour des bâtisseurs mythiques. Leur temple maçonnique est construit à l’image de l’œuvre d’Hiram. Les deux colonnes, Jakin et Boas, se dressent à son entrée et sont paraît-il les répliques des colonnes du Temple de Salomon. Sa forme est censé rappeler la tombeau d’Hiram.

Certes l’Architecture est toujours un art initiatique mais la façon dont les francs maçons aujourd’hui parlent d’initiation est bien désuète, et ne vaut guère pour l’Art de bâtir. Le compas, l’équerre relégués au rang des panoplies d’outils ne servent quasiment plus aux projeteurs qui leurs préfèrent leurs logiciels de calcul. Le lent apprentissage de l’Architecture relève encore de l’initiation, la cohorte des constructeurs conserve encore dans ses rangs des apprentis des disciples et des maîtres. Et bien souvent les plus grands ne sont reconnus comme tels qu’ après leur disparition. Leur œuvres deviennent parfois patrimoine. Le Corbusier pour ne citer que lui fait l’objet de beaucoup d’attention maintenant au sein des " Monuments Historiques". Un comble pour le maître suisse qui du passé voulait faire table rase.

L’Architecture encore et toujours est continuité. Les ruptures des années 20 sont rattrapées par l’histoire. Les bâtiments de Zaha Hadid feront un jour l’objet de travaux universitaires. Un Architecte en chef des Monuments Historiques sera chargé d’en assurer la conservation. Et l’on glosera encore et encore sur le constructivisme-déconstructivisme, le Mouvement Moderne ou le Rationalisme. On lira les relevés des bâtiments en 3 D sur des machines, on les parcourra en visites virtuelles.

***

Cela on le fait déjà, et les ordinateurs fonctionnent toujours avec des mots de passe. Rien de nouveau donc sous le soleil du symbolique. Les Architectes toujours, ont besoin de sésame. Son entendement est un lent apprentissage, les légendes ont donc encore un bel avenir.


Vieux symbole maçonnique, l’association de l’équerre et du compas, emblème de la contestation de toutes les tutelles dogmatiques qui ont souvent marqué -et trop souvent opprimé -l’histoire humaine évoque la quête plusieurs fois séculaire d’une émancipation de l’être humain, notamment grâce à la puissance de la raison.

La construction du Temple de Jérusalem


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Mise en ligne le mercredi 18 février 2004 par di Cinarca
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