Depuis que les hommes édifient des ponts, les difficultés qu’ils ont toujours rencontrées consistent à lancer l’ouvrage par dessus un large cours d’eau ou une vallée. Comment le réaliser sans être obligé de construire des piliers trop hauts faisant obstacle à la navigation... ?
Cela ne devint possible que lorsque ont eut à sa disposition de longues poutres d’acier, capables de résister à d’énormes contraintes. La question fut presque résolu, mais les portées de plusieurs centaines de mètres n’étaient pas assez résistantes pour supporter la circulation moderne d’une berge à l’autre. Elles se déformaient..
L’issue de cette complication fut somme toute trouvée. Quand on ne pouvait soutenir le pont par le bas, il suffisait de le porter par le haut. On imagina simplement de le suspendre... Comment ? En tendant entre deux piliers des câbles dits porteurs, supportant à leurs tours des haubans. Ancrés au tablier du pont. Ils le portent. Et cela sur plusieurs kilomètres s’il est besoin... Nous sommes allé vérifier tout cela in situ, à Millau où Sir Norman Foster achèvera prochainement son viaduc sur le Tarn. Et comme "jeter un pont" est aussi une formule littéraire pour parler de la nécessité qu’ont les humains d’être proches les uns des autres par la culture et durant toute leur histoire ; On lira ci dessous un texte de Patrick Hutchinson qui dit merveilleusement la même chose.
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... Vous, qui avez vu les murs de Tyr sur la mer ; les parapets de Sion ; les piliers de Baalbek et de Persépolis ; les terrasses le Lhassa et les jardins de Kandy ; pris sous vos ombres les temples, les officines, les kiosques, et les palais : Srinagar, Ankor-Vat, Borobudur ! Infatigable veilleurs de la Sublime Porte, vous dont la chair incorruptible a parfumé les mosquée de Bagdad et de Damas, fourni les poutres plaquées d’or du Temple de Salomon, les coffres ouvragés qui enfermaient les reliques de Saints, les robes des courtisanes et les remords des reines ; Gardiens, présences tutélaires, ornements, bénédictions, bienséances de tout ce qui fut jamais bref îlot de sagesse et de rêve au milieu de cette mer de folie qui est toujours l’histoire des hommes. Nous nous tournons vers vous, O filiation millénaire, O Témoins de la Permanence, O Prophètes de la Tradition Primordiale, et qui doit toujours éclater aux yeux du monde : dites-nous, O Très-savants, et, de vous-même ignorant tout, où et quand est-ce que nos pas se sont égarés, et si vous ne détenez pas toujours la Semence de la Paix ? ...
Patrick HUTCHINSON, LE LIVRE DU CEDRE
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13 Photographies originales de Guidu Antonietti / 2004













Illustration haut de l’article : Image de synthèse : Agence Norman Foster.
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