"Le concept-clé des lettristes est la construction de "situations poétiques", de nouveaux états affectifs, correspondant à la recherche d’une nouvelle manière de vivre, qui abolisse la séparation entre l’art et la vie ; la poésie "est dans la forme des villes", "elle se lit sur les visages" ; il s’agit de créer des ambiances, de générer des styles de vie ; les lettristes privilégient un art du changement, marqué par la conscience de l’irréversibilité et l’unicité des actions humaines."
Bernard Gauthier -La Revue des Ressources-
Dans "Panégyrique" Guy Debord écrivait : "Toute ma vie, je n’ai vu que des temps troublés, d’extrêmes déchirements dans la société, et d’immenses destructions ; j’ai pris part à ces troubles. "
Pour aROOTS Guidu Antonietti se livre à une périlleuse tentative d’illustration sommaire du "SPECTACLE" dénoncé par GUY DEBORD, le plus spéctaculaire des SITUATIONNISTES.
DES PHOTOGRAPHIES ORIGINALES DE GUIDU ANTONIETTI di CINARCA
Illustrant
DES FRAGEMENTS DE "LA SOCIETE DU SPECTACLE" DE GUY DEBORD

Toute la vie des sociétés dans lesquelles règnent les conditions modernes de production s’annonce comme une immense accumulation de spectacles. Tout ce qui était directement vécu s’est éloigné dans une représentation.

Le côté progressif du surréalisme à son début est dans sa revendication d’une liberté totale, et dans quelques essais d’intervention dans la vie quotidienne. Supplément à l’histoire de l’art, le surréalisme est dans le champ de la culture comme l’ombre du personnage absent dans un tableau de Chirico : il donne à voir le manque d’un avenir nécessaire. Le côté rétrograde du surréalisme s’est manifesté d’emblée par la surestimation de l’inconscient, et sa monotone exploitation artistique.

Le spectacle n’est pas un ensemble d’images, mais un rapport social entre des personnes, médiatisé par des images.

Si l’artiste est passé, par un lent processus, de l’état d’amuseur - meublant joliment quelques loisirs - à l’état de l’ambition prophétique, qui pose des questions, prétend donner le sens de la vie, c’est parce que, de plus en plus, la question de l’emploi de la vie est effectivement posée dans la marge de liberté déjà atteinte et grandissante de notre appropriation de la nature.

A mesure que la nécessité se trouve socialement rêvée, le rêve devient nécessaire. Le spectacle est le mauvais rêve de la société moderne enchaînée, qui n’exprime finalement que son désir de dormir. Le spectacle est le gardien de ce sommeil.

L’aliénation du spectateur au profit de l’objet contemplé (qui est le résultat de sa propre activité inconsciente) s’exprime ainsi : plus il contemple, moins il vit ; plus il accepte de se reconnaître dans les images dominantes du besoin, moins il comprend sa propre existence et son propre désir.
Guy E.Debord
BREVE BIOGRAPHIE DE GUY ERNEST DEBORD
Guy Ernest Debord fut le théoricien secret et actif du groupe situationniste, mouvement protestataire issu des révoltes étudiantes. Son mode de vie fut celui de la dérive, de l’errance et de la curiosité. Homme d’une grande intransigeance, il fut le critique exemplaire de "La société du spectacle". Pour lui, le consumérisme signe le début de la marchandisation des valeurs, et la société ne peut plus être perçue que comme une représentation. Ecrit dans un français presque classique, ses analyses rigoureuses étudient l’avènement de l’ère des médias. Il est l’auteur d’une oeuvre mince, mais poursuivie en ligne droite. Guy Ernest Debord s’est suicidé en 1994.
POUR EN SAVOIR PLUS CONSULTER SUR LE WEB :
PLUS AMPLE BIOGRAPHIE DE GUY DEBORD
DE L’ARCHITECTURE SAUVAGE SUIVANT ASGER JORN
l’INTEGRAL DE LA SOCIETE DU SPECTACLE
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