

- Les puces de Clignancourt .1975. G.AdC
Nostalgie
J’ai commencé à faire de la photo vers la fin des années soixante pour payer mes études. J’étais "photographe filmeur" sur les plages de la Cote d’Azur. Vous savez ces types qui vous mitraillent pour vous vendre des photos. Une bonne école pour le contact, pour vaincre sa timidité, pour vous forcer à exister. Henri Gaudin avant de devenir Architecte était bien capitaine au long cours ... Tous les chemins mènent à ... Voir les autres et le monde dans un cadre c’est décider choisir. Bref je suis devenu Architecte ...
L’appareil que j’utilisais était un FOCA, une réplique du mythique LEICA, tres robuste, très fiable. J’adorais ce biniou. Plus tard j’ai cherché à acquérir un LEICA comme Henri Cartier-Bresson . Puis vu le prix, j’ai renoncé. Je sais désormais que ce n ‘est pas l’appareil qui fait de bonnes photos mais le regard, et au travers du regard ce que l’on veut dire. Aujourd’hui avec le numérique je pourrais passer des journées entières à faire des photos ...mais ce pincement de cœur qui vous faisait attendre le développement... Cette attente du regard différé a disparu...Nous sommes au vingt-et-unième siècle.

- La gare du TGV Aix en Provence. 2003.G.AdC
La fin de l’argentique
Plus aucun photo-journaliste aujourd’hui je crois n’utilise l’argentique. Les appareils photo numériques de très haut de gamme fabriquent des images de qualité équivalente à l’argentique. Le "développement" par logiciels de retouche d’image offre des possibilités artistiques supérieures à l’argentique. Le tirage par imprimante haut de gamme conserve les images aussi parfaitement que les tirages au bromure d’argent. Les images numériques se communiquent à la vitesse de la lumière et avec une qualité cathodique inégalée. J’ai eu un jour une discussion avec l’héritier de Canson Mongofier, ce grand groupe industriel qui fabrique du calque : ( 80 % du chiffre d’affaire de la firme) il m’a avoué qu’ils étaient en chute libre et que d ‘ici 5 ans ils auraient disparus. Car nous traçons maintenant sur du papier ordinaire avec nos traceurs de plans terminaux de nos Autocad. Qui aujourd’hui utilise encore du Letraset ou des grilles pour lettrer ses plans ? Les bouilleurs de crus ont disparu mais on consomme toujours de l’alcool ... Le livre n’a pas disparu avec les ordinateurs, et on lit et écrit de plus en plus sur les computeurs. Mais il est exact que des langues et des civilisations ont disparu. C’est le marché qui domine, la fonction des artistes est de mon point de vue de le critiquer de le détourner de s’en servir pour attester de l’absolue nécessité de témoigner de la condition humaine ...L’émotion la poésie ne disparaîtront jamais ou alors c’est l’humanité qui disparaîtra.

- La Belle de Mai, Marseille . 2004 . G.AdC
Une planche contact virtuelle
Le "développement" de l’image numérique n‘est pas instantanée il se produit seulement quand on visualise son image sur son PC, cela apparaît en temps différé. Ce qui se produit en temps réel c’est l’apparition instantanée de l’image sur l’écran de contrôle de l’appareil digital, une planche contact virtuelle en quelque sorte ... en moins bien car elle n’est pas cernée par les perforations du film... et qu’elle est de piètre qualité ... et c’est tant mieux car c’est APRES seulement que l’on verra ce que l’on n’a pas encore vu ... Mieux encore, lors du "développement" par le logiciel qui est sur la machine on va encore intervenir pour inventer ce que l’on veut révéler, on va survenir donc ... et suprême récompense on va pouvoir faire dire encore plus à sa vision : on va lui donner un titre avec son clavier, on va inscrire une légende ... On sera alors voyant, laborantin, écrivain et éditeur ... et en plus on économisera de quoi acheter une carte mémoire supplémentaire pour augmenter la capacité de stockage de son "film" électronique ... Tout cela sera parfait bientôt quand on aura les moyens de s’offrir un numérique pro. qui aura le même piqué, la même définition, la même température de couleur que le dépolie d’un Rolleiflex ... qui au passage permet déjà de voir en instantanée, de façon cathodique, enfin presque, son sujet dans ce si beau format carré.. un format d’Architecte...

- Brève rencontre. Aix 2004.G.AdC
Internet : une connexion par individu
Tout ce qui précède ne change rien au fait que :
une infime minorité des habitants de la planète utilise des ordinateurs, du numérique, et détiennent la majorité des richesses.
une immense majorité vit en dessous du seuil de pauvreté, ne sais pas lire, et est livrée à une absolue ignorance qui l’aliène aux pires régimes oppressifs.
Qu’avons nous à faire donc ? Des images argentiques, numériques, de belles maisons, des forums Internet ?
J’avoue que parfois là j ‘enrage et je doute .... Je cherche en fait ...
Mais le fait que un jour il y ait peut-être une connexion par individu et que tout le monde pourra faire ce que nous faisons ...les dictateurs aurons disparus ...
Je l‘espère ... Nous ne serons plus de ce monde mais nous aurons préparé un monde meilleur...
Ces bavardages ne sont que broutilles au regard du travail de Sebastião Salgado. Un témoin acteur de son temps . Un très grand photographe .
"... j’utilise exclusivement le viseur optique ... pour moi faire une photo c’est cadrer , choisir, n’être que dans le monde enfermé de mon sujet ... au ciné je suis dans le noir et donc que dans l’écran ...faire une photo en étant sollicité par l’alentours parasite c’est comme regarder 2000 l’odyssée de l’ espace à la télé. Nul ! Etre comme un enfant qui cligne un oeil pour fixer le monde imaginé ...clic clac Kodak ... La photo c’est une vision parcellaire du monde , une signature de la réalité , la réalité, mais SIGNEE par un choix sélectif ... Faire de l’aRchitecture c’est choisir , faire de la Photographie aussi ! L’aRchitecture est un aRt majeur et la Photographie aussi !... "
G.AdC

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Visages de femmes (littérature/musique) pour Angèle Paoli
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