j’ai toujours pensé que Corbu était une sorte d’imposteur . Lui le chantre du poème de l’angle droit nous a gratifié du contraire : la chapelle de Ronchamp, un incontestable chef d ‘œuvre tout en courbe. Sincèrement dans son oeuvre théorique je n’ai rien de trouvé d’actuel . Nos détestables Zup et Zac, dans le fond sont bien l’application de ses théories , et il me semble que ce que l’on peut voir à Montpellier ( mais si c’est du bien mauvais Boffil ! ) est une pertinente critique de ce qu’il y avait de pire dans le Mouvement Moderne... Car nous, héritiers de ce désastre dans le "dessin de la ville", n’avons pas su faire grand chose ... Le Corbusier , le fonctionnaliste, le réfractaire supposé de la forme en a pourtant fait l’éloge. Les images ci dessous tentent de le démontrer .
" Les images font l’objet d’une déconsidération permanente et aussi intense que leur prolifération polymorphe. C’est une vieille affaire de l’Occident : méfiance pour les apparences, les reflets, les « idoles », le « spectacle » et l’« illustration », confiance dans le logos, le verbe, le sérieux du sens contre le brillant du chromo ou le plasma de l’écran. Mais cette rage iconoclaste, qu’affectionnent ou qu’affectent souvent les « intellectuels », a son secret revers iconologue. Car, avec la superficialité de l’image, on dénonce aussi son pouvoir abusif : belle contradiction qu’on enjambe avec insouciance. D’où l’image tire-t-elle la puissance que sa surface irradie ? D’un fond inimaginable : de ce fond d’absence à jamais retirée dont l’imago des morts romains formait la présence imposante et vénérable. Toujours, du fond des images, la mort nous dévisage ; la mort, c’est-à-dire notre immortalité. Cela nous dévisage, sans voir nul visage et, nous dévisageant, ouvre nos yeux sur ce que les images ne cessent d’imager, ou d’imaginer en un sens éblouissant : « ressemblance qui n’a rien à quoi ressembler » (Maurice Blanchot) - ou bien ressemblance du très distinctement et absolument dissemblable de tout. "
jean Luc Nancy - Au fond des images -
de Sorcier bleu (anagramme de Le Corbusier)
et quinze aquatintes numériques originales
Moi Architecte
Je suis Charles Edouard Janneret
Dit Le Corbusier
Le poète de l ‘angle droit
On m’appelle aussi le fada calviniste
Je me prétends pourtant athée
Et j’ai même un jour affirmé
Que les cathédrales étaient blanches !
Il ne faut pas abuser du corps
Faute de se retrouver arc bousier
Car le cor bu...ziè, oyez !
Ronchamp 1 / -2003-
Ronchamp 2 / -2003-
Ronchamp 3 / -2003-
Ronchamp 4 / -2003-
Ronchamp 5 / -2003-
Ronchamp 6 / -2003-
"On a coutume, depuis le cubisme, de déclarer que le tableau ne doit pas représenter ou imiter le réel mais qu’il doit constituer par lui-même un objet. Si l’on veut dire que le tableau, tout dépourvu de signification qu’il soit, se présente en lui-même comme un objet réel, on commet une grave erreur. Simplement ce qui se manifeste à travers lui c’est un ensemble irréel de choses neuves, d’objets que je n’ai jamais vus ni ne verrai jamais mais qui n’en sont pas moins des objets irréels, des objets qui n’existent point dans le tableau, ni nulle part dans le monde, mais qui se manifestent à travers la toile et qui se sont emparés d’elle par une espèce de possession."
Jean-Paul Sartre - L’imaginaire - 1940
Ronchamp 7 / -2003-
Ronchamp 8 / -2003-
Ronchamp 9 / -2003-
Ronchamp 10 / -2003-
Ronchamp 11 / -2003-
Ronchamp 12 / -2003-
Ronchamp 13 / -2003-
Ronchamp 14 / -2003-
Ronchamp 15 / -2003-

Le Corbusier esquissant Freud / Collage de G.AdC 2003
"...Une voûte inversée qui discute avec Dieu : c’est à Ronchamp et c’est en plus un immense instrument de musique. C’est la plus belle oeuvre de Le Corbusier, la plus populaire, elle invente un horizon et aimante un territoire. Son plus beau bâtiment est un hommage à Dieu...Et l’on appela "style international" la production de cette pensée issue de la technique...Il inonda le monde. Ce style international a fonctionné comme perversion de l’idéal démocratique : les cités ont été produites comme la forme démocratique de l’idée d’égalité. Mais à partir de l’idée qu’il fallait de l’air, du soleil et de la lumière pour chacun, on a perdu la ville en chemin. Et pendant trente ans, il y a eu comme une forclusion du visible... "
Conférence de Roland Castro à l’Université de Princeton en 1993.
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