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Critiques d’aRchitecture aROOTS NOTeBOOK
PARALELLES OU POINT DE FUITE ?

PAYSAGE, PAYSAGES ...

Supprimer la figure et la perspective


Le mot "paysage" n’existe pas en latin et le concept ne se traduit pas... La "terre" a pu intéresser les Romains à différentes échelles mais point de réflexion précise sur cette notion si prisée si galvaudée aujourd’hui ... Les Architectes ne disent-ils pas communément que leur discipline c’est " de la ville à la petite cuillère " ? Le paysage, le paysagisme y étant forcement inclus . Ainsi à propos de " PAYSAGE" en surfant sur le Web aROOTS internaute impénitent a rencontré une infinité de choses évidement. Pour ne retenir finalement que ceci : " Inventé " en Occident à l’Aube de la Renaissance par les peintres, le paysage semble promis à une mort prochaine : il ne serait plus la représentation majeure que la civilisation occidentale au XXIe siècle se ferait de l’espace et, plus profondément, de son identité. Pourtant, le paysage explose dans toutes les disciplines et dans le vocabulaire le plus courant. De là cette question naïve mais fondamentale : qu’est-ce qu’un paysage ?

Architecture peinture littérature poésie photographie, toutes ces choses se croisent dans aRoots. Voilà pourquoi à partir de photographies de OOPS, un photographe internaute qui réside à Nieuwegein aux pays Bas ( qu ‘il soit ici remercié ), nous avons subjectivement établit les parallèles ci dessous.

Elles ont pour cadre le plat-pays hollandais, un des berceau de l’abstraction, qui nous permet d’affirmer que le paysage, le naturel dans le fond, est une invention humaine, et que son observation peut aboutir à une figuration abstraite de la réalité.

Guidu Antonietti di Cinarca



PIETER CORNELIS MONDRIAAN PEINTRE PAYSAGISTE

Mondrian comme beaucoup de pionniers de l’abstraction, aspirait à distiller l’essence pure du monde réel en tentant de montrer les dichotomies de l’univers dans leur tension paradoxales . Le représenter, le transfigurer, faire son autoportrait, faire avancer l’Art ?

Comme Kandinsky, Mondrian était proche de la Société de Théosophie cette association, d’inspiration néoplatonicienne, pour laquelle l’homme est un esprit déchu de l’ordre divin, condamné à l’ordre naturel, et qui aspire à recouvrer son état premier. La cohérence et la logique interne de ses solutions picturales font écho à ce grand principe conceptuel, qu’il décrit dans ses écrits théoriques. Il a tenté d’inverser les tendances anciennes à figurer le monde. Il s’ affranchira en premier lieu du format rectangulaire il le mettra à la verticale pour récuser le format paysage. Mais sa préférence ira le plus souvent aux formats carrés, parfois posés pointe en bas, excluant de la sorte toute idée d’horizon. Horizon si incontournable des sa Hollande maternelle . Le cadre ensuite, qu’il choisira rentrant, ne débordant plus en avant du tableau mais en arrière. Une sorte de socle projetant la toile vers le spectateur. La surface des plans colorés sera fonction des leur tonalités voisines : généralement plus restreinte pour le jaune que pour le bleu. Cette dimension variable permettant d’amender l’effet spatial que déjoue les couleurs. Une façon non naturelle en sorte de se détacher d’une vison matérialiste pour dire l’aspect intérieur des choses et des sentiments . Pour les signifier abstraitement , pour parler de leur essence. L’Art abstrait ne figurerait donc plus rien , il exprimerait la quintessence, il s’adresserait aussi à l’intelligence, la principale des vertu humaine.

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Duinlandschap, Paysage de jeunesse de Mondrian 1910


LES PAYSAGES HOLLANDAIS DE OOPS

Des photographies d’aujourd’hui qui parlent des fondements abstraits de l’inspiration néerlandaise de Mondrian :












MONDRIAN SUIVANT HARRY HOLTZMAN

Harry Holtzman, le confrère et l’ami américain des dernières années de Mondrian disait de son travail :

"Chaque oeuvre était la conséquence intuitive de la précédente. Il n’y avait pas de programme, pas de symbole, pas de "géométrie" ni de système de mesure. Seule l’intuition déterminait le rythme général des relations, de façon empirique. L’espace donné de la toile, la tension donnée de ses proportions, ses dimensions étaient déterminées et modifiées tout aussi expérimentalement. Pour Mondrian, l’expérience intuitive ne pouvait être que directe, immédiate et sensuelle."


MONDRIAN THEORICIEN

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Portrait de Mondrian par André Kertész

Parmi ses écrits théoriques il faut retenir :

" L’intention du cubisme était d’exprimer le volume. Ainsi était maintenu l’espace tridimensionnel, c’est à dire l’espace naturel. Le cubisme restait donc un mode d’expression fondamentalement naturaliste. Cette volonté des cubistes de représenter des volumes dans l’espace était contraire à ma conception de l’abstraction, qui est fondé sur la croyance que ledit espace doit être détruit. C’est ainsi, pour aboutir à la destruction du volume, que j’en vins à l’usage des plans.

La rondeur naturelle, la corporalité en un mot, nous donne des objets une vision purement matérialiste, tandis que l’aspect plat nous les fait paraître beaucoup plus intérieurs.

Supprimer la figure et la perspective. Mais la ligne de fuite n’est pas le seul moyen de suggérer la troisième dimension dans une toile, il faut aussi empêcher les chevauchements d’une surface par rapport à une autre. La couleur a aussi une valeur spatiale : les bleus paraissent aux spectateurs plus lointains que les rouges, eux-mêmes plus éloignés que les jaunes qui sautent littéralement aux yeux. Le format de la toile, lorsqu’il est présenté à l’horizontale évoque inconsciemment l’étendue d’un paysage, et, dans tous les cas, tente depuis des siècles d’imiter une fenêtre. Cette illusion de creusement du mur est encore renforcée par l’encadrement traditionnel qui déborde en avant du tableau pour mieux signifier son incrustation dans la paroi qui le soutient."


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Portrait de Mondrian par Arnold Newman

BREVE BIOGRAPHIE DE PIET MONDRIAN

Né le 7 mars 1872 à Amersfoot, il obtient à 20 ans ses diplômes de professeur de dessin et entre à la Rijksakademie d’Amsterdam. C’est grâce à cette solide formation classique qu’il subvient à ses besoins en peignait des copies des oeuvres du Rijksmuseum. En 1906, il découvre les peintures de Van Gogh. Son art s’en ressent : moulins rougis par la lumière du soleil ou féeries des "dunes" éclaboussées de couleurs et déjà abstraites. Un séjour à Paris en 1912 lui permet de découvrir les principes du cubisme qu’il assimile à une allure record. En témoigne une autre série célèbre, les "Arbres" qui, de tableau en tableau, s’épure jusqu’à l’abstraction. La première guerre mondiale le ramène dans son pays où il rencontre Théo von Doesburg et Bart Van der Leck : c’est la naissance du groupe De Stijl, où Mondrian développe une activité de théoricien. Il revient à Paris durant l’été 1919. Il s’installe au 26 rue du départ dans un atelier clair situé en haut de l’immeuble. L’endroit va devenir légendaire. C’est un intérieur néoplastique, aux murs partiellement recouverts de surfaces colorées, véritable tableau dans lequel la place des meubles, des fenêtres, de chaque objet joue un rôle déterminant. On a même signalé une fleur en plastique dont Mondrian, haïssant le vert qui lui rappelait la nature, avait repeint en blanc la tige et la feuille. En 1938, Mondrian pressent une guerre imminente et part pour Londres en septembre. En 1940, fuyant les bombardements, il s’embarque pour New-York. Il y meurt d’une pneumonie le 1er février 1944.


Voir en ligne :

- Mondrian, les chemins de l’abstraction, exposition du MUSEE D’ORSAY

- Le forum aROOTS sur le Paysage




Mise en ligne le lundi 10 janvier 2005 par di Cinarca
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