Alvar Aalto se différencie sans doute des grands maîtres de l’architecture moderne par son approche sensible des lieux.
Architecte et urbaniste finlandais (Kuortane, 1898 - Helsinki, 1976). C’est essentiellement grâce à l’impulsion d’Alvar Aalto, le plus représentatif des architectes de son pays, que l’architecture moderne a pu connaître un tel développement en Finlande.
Dans la lignée du Mouvement moderne Lorsqu’il quitte Jyväskylä, en 1927, pour s’établir à Turku, alors la ville de Finlande la plus ouverte à la modernité, Aalto entame une période essentielle de sa formation. Ses recherches se situent dans la mouvance des avancées contemporaines de l’Europe centrale. Il construit en effet à Turku, en 1927-1928, un immeuble de rapport en dalles de béton préfabriquées qu’il est intéressant de confronter aux recherches menées à cette époque par Mies Van der Rohe et Walter Gropius à Stuttgart. Avec le projet d’exposition du soixante-dixième anniversaire de la ville de Turku (1929), ce sont là les premières expressions publiques abouties de l’architecture moderne en Scandinavie. Cette période marque également l’entrée d’Aalto dans l’avant-garde internationale et sa participation aux rencontres des CIAM, grâce au soutien de Siegfried Giedion. Il noue également des relations avec l’avant-garde artistique, en particulier Fernand Léger, Constantin Brancusi, László Moholy-Nagy, Georges Braque et Alexander Calder. D’une manière générale, ses premières œuvres, avant la guerre, s’apparentent au « style international » de l’époque : la bibliothèque de Viipuri (1930), le sanatorium de Païmio (1930), sa propre maison à Helsinki (1935), la villa Mairea à Norrmark (1937), l’usine de cellulose de Sunila (1939) ...
Le retour à l’« essentiel » de l’architecture Après la guerre, les créations d’Aalto sont marquées par une inspiration plus personnelle et se rattachent de moins en moins à une école particulière. Chaque réalisation apporte ses solutions propres tant en ce qui concerne les matériaux et les modes de construction que le style. L’architecte se montre constamment préoccupé par la satisfaction de besoins essentiels, aussi bien physiques et psychologiques que sociaux et culturels. Citons ainsi le projet pour les chapelles funéraires de Malm (1951), l’hôtel de ville de Säynätsalo (1952), la propre maison de l’architecte dans l’île de Muuratsalo (1950) ou encore l’église de Vuoksenniska à Imatra (1958). Parallèlement, Aalto reçoit très vite des commandes publiques d’envergure comme le plan d’urbanisme de Rovaniemi dès 1948, la Caisse d’allocations familiales d’Helsinki (1956), la Maison de la culture d’Helsinki (1956) ou le Finlandiatalo (palais Finlandia, où, en 1978, furent signés les accords d’Helsinki) à Helsinki (1971). Malgré tout, il construira assez peu à l’étranger au regard de sa renommée mondiale.
L’architecture organique Rétif aux systèmes, soucieux d’un constant renouvellement d’inspiration en adaptant à chaque fois l’édifice à sa fonction et à son environnement, Aalto reste l’un des tenants d’une architecture « organique » capable de marier le béton, matériau prétendu « vulgaire », et le bois, prétendu « noble », introduisant celui-ci au cœur de l’architecture moderne.
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