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aRCHI attitude 01

VICTIME DE LA MODE

J’aurais voulu être un artiste ...


De lui on dit "il nous a quitté" pour fustiger son passage tactique au statut d’artiste ; (avec noeud papillon ce statut autrefois nous fût fatal, nous reléguant définitivement au rang d’enfants gâtés pitoyables ).

L’implication d’un Architecte n’est pas celle d’un peintre, sa responsabilité sociale et urbaine est autrement plus grande, mais c’est pour lui le cadet des soucis. "De la nécessité du lien entre projet esthétique et projet social", il n’en a cure. Il fait fi des contraintes qui sont l’essence même de l’Architecture et s’est calé dans la surenchère formelle, tour à tour minimaliste ou néo-baroque, c’est selon la saison... Il a rapidement identifié les besoins d’image publicitaire de ses commanditaires, et s’est rendu expert dans l’art mineur de la posture, favorisant la séduction au détriment du cahier des charges. Il a compris très vite que les happy few de l’Architecture mondiale, bâtisseurs d’un monde disloqué recherchent cette position d’artiste pour jouer dans la cour d’Andy Wahrol, et échapper au contrôle de la critique. Il a parfaitement repéré que les distinctions s’effectuent sur le potentiel médiatique des bâtiments, c’est-à-dire dans l’ordre du spectacle et le désordre de l’usage. En réduisant l’Architecture à une dimension plastique que lui seul arbitre, attitude de décorateur, il n’a pas compris qu’il n’assume pas sa mission de responsabilité sociale. Il lui faudra bien un jour retourner sur la pression légitime des utilisateurs aux sages principes de réalité.

Il donnera alors une exacte image de fashion victim...

Michel Antonietti

Prochainement , une autre aRCHI attitude...



Mise en ligne le samedi 31 août 2002 par di Cinarca
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