
Ce voyage en Egypte commence par Corinthe,
Les cyprès bleus s’amarrent au pôle,
L’avion sur le vieux continent inscrit sa trajectoire,
Elle se perd quelque part du côté du Trocadéro.
Une montre à la place d’une boussole,
Les fuseaux horaires dans le sud lointain,
Comme les oliviers de Palestine
S’accrochent aux collines en fond de mer.
L’âpreté de l’exil sur les rives du Jourdain
A le goût des raisins de l’hiver.
Cette vieille dame dans l’épicerie d’un matin de novembre
Cherchant en vain des raisins de Smyrne,
Me fit confondre Carthage avec Malaga.
Cette mer laquée marine au beau milieu des terres,
S’arrête là devant le canal,
Ferdinand pour toujours a brisé le cordon,
Hannibal drapé dans le sirocco chaud
A perdu sa bataille ;
Ses navires armés par Scipion l’Africain
Ont vu s’enfoncer la ligne de flottaison,
Et comme une île noyée dans le bleu du ciel
Tout autour de la carlingue,
Les nuages à mes pieds écument l’horizon.
Entre ciel et mer j’ai choisi de voguer
Il paraît que nous ferons escale à Chypre.

"Théoreme N°06 "
GA/2000 aquatinte numérique originale

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